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15 octobre 2026

17 menaces pour l'humanité identifiées par le Lancet : sommes-nous vraiment prêts à affronter les deux plus redoutables ?

Un rapport publié dans The Lancet identifie 17 menaces majeures pour la santé mondiale pour les prochaines années et décennies. Depuis le Covid, avons-nous vraiment appris à faire face à une crise ...

17 menaces pour l'humanité identifiées par le Lancet : sommes-nous vraiment prêts à affronter les deux plus redoutables ?

Urgences saturées, interventions retardées, patients privés de soins essentiels : le Covid a révélé à quel point une crise peut désorganiser un système de santé en quelques semaines. Six ans plus tard, si une nouvelle urgence sanitaire survenait demain, le monde serait-il mieux préparé ?

Dix-sept menaces qui peuvent se renforcer

Les analyses couvrent 204 pays et territoires. L'objectif ? Estimer les années de vie en bonne santé que des mesures adaptées pourraient préserver, en comparant deux futurs plausibles : l'un favorable, l'autre défavorable.

Parmi les dangers retenus figurent des menaces déjà bien connues :

  • les pandémies naturelles et la résistance aux antimicrobiens ;
  • le changement climatique et la pollution de l'air ;
  • l'hypertension, l'obésité, la malnutrition infantile et les troubles de santé mentale ;
  • les inégalités de revenus, le faible niveau d'instruction et l'effondrement de l'aide publique au développement ;
  • les conflits, le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et le vieillissement en mauvaise santé.

Deux risques occupent toutefois une catégorie à part : l’usage malveillant de l’IA, notamment pour concevoir des armes biologiques, et un conflit nucléaire susceptible d'entraîner une famine mondiale. La Commission les classe parmi les menaces présentant un potentiel d'extinction.

Ces menaces peuvent aussi se combiner. Les inégalités influencent l'exposition aux dangers, la vulnérabilité et la capacité à surmonter une crise. Les populations à faibles revenus et marginalisées risquent ainsi d'en subir davantage les conséquences. La préparation doit donc dépasser les réponses à chaque menace prise séparément.

Les 17 principales menaces sanitaires pour l'homme d'ici 2100 selon la revue scientifique The Lancet. ©BrutFR

Depuis le Covid, des progrès encore fragiles

La Commission ne mesure pas directement notre niveau de préparation. D'autres évaluations permettent toutefois d'en identifier les failles.

En février 2026, l’OMS soulignait des avancées dans la surveillance des agents infectieux, les capacités des laboratoires et la détection précoce. Mais elle jugeait ces acquis fragiles et inégalement répartis.

Dans son rapport de mai 2026, le Conseil mondial de suivi de la préparation aux pandémies (GPMB) dressait un constat préoccupant : les investissements ne suivent pas l'augmentation des risques. Les progrès sont contrebalancés par les divisions géopolitiques, les perturbations écologiques et la baisse de l'aide internationale.

L'exemple du mpox illustre cette difficulté. Selon le GPMB, les vaccins ont atteint les pays à faibles revenus touchés près de deux ans après le début de l'épidémie. Disposer d'un vaccin ne suffit donc pas : encore faut-il qu'il arrive à temps auprès des populations concernées.

Préparer les soins avant la tempête

Pour la Commission du Lancet, se préparer exige trois engagements :

  1. financer durablement des systèmes de santé capables d'anticiper et d'affronter les menaces ;
  2. investir dans de nouvelles solutions, notamment des vaccins, des antibiotiques et des technologies climatiques ;
  3. suivre régulièrement les risques, pour adapter les décisions à leur évolution.

Le rapport ne prédit pas une catastrophe inévitable. Au contraire, sa méthode repose sur l'écart entre un scénario favorable et un scénario défavorable : cet écart représente précisément ce que des choix politiques peuvent encore éviter.

La question n'est donc pas seulement de savoir si nous sommes prêts aujourd'hui. C'est de savoir si nous acceptons de payer le prix de la préparation maintenant ou celui de l'improvisation, plus tard.

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