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7 juin 2026

Ces aliments pourraient davantage vous protéger du cancer du sein si vous les choisissez bio

Une nouvelle étude française menée auprès de plus de 30 000 personnes suggère qu’un simple changement dans vos habitudes alimentaires pourrait être associé à une réduction significative du risque d...

Ces aliments pourraient davantage vous protéger du cancer du sein si vous les choisissez bio

Vous mangez bio, pour la planète et la préservation de la biodiversité bien sûr, mais aussi pour votre santé. Malheureusement, parce que les produits issus de l'agriculture biologique sont souvent plus chers ou parfois plus difficiles à trouver dans les commerces, vous alternez avec des produits conventionnels. Est-ce que cela signifie que vous perdez les bénéfices du bio en matière de protection contre les maladies ?

La question mérite d'être posée, notamment pour les fruits et légumes. Les études montrent clairement que ces aliments ont des effets anticancer ; malheureusement, ils peuvent contenir des pesticides, dont certains sont clairement cancérigènes.

Si le fait que la consommation d'aliments bio contribue à réduire l'exposition aux pesticides est bien documenté, on ne sait pas bien dans quelle mesure cette habitude réduit réellement le risque de cancer.

Plus de 30 000 personnes suivies pendant 7 ans

Pour tenter d'en savoir plus, des chercheurs spécialisés en épidémiologie nutritionnelle ont utilisé les données de la cohorte NutriNet-Santé, qui suit les habitudes alimentaires et la santé de 31 179 adultes français, dont 75 % de femmes (23 384), à partir de leurs réponses à des questionnaires en ligne. Ils ont notamment cherché à savoir si le fait de substituer des portions de fruits et les légumes issus de l'agriculture conventionnelle par l'équivalent en fruits et légumes bio pouvait avoir un effet protecteur contre le cancer.

Au cours des 7,3 années de suivi, 1 718 cancers se sont déclarés chez les participants, ce qui, à l'échelle de la population française, correspondrait à 227 660 cas de nouveaux cas par an. Parmi ces cancers, 284 cas étaient des cancers du sein survenus chez les femmes après leur ménopause.

Moins de cancer quand on mange davantage de bio ?

Alors, le risque de cancer était-il lié à la consommation de fruits et de légumes bio ? Les calculs des chercheurs, publiés dans l'American Journal of Clinical Nutrition, indiquent que pour chaque portion quotidienne de 100 grammes de fruits et de légumes conventionnels remplacés par l'équivalent de fruits et légumes bio, le risque de cancer de tout type diminue de 2 %, ce qui est significatif, mais plutôt faible.

Pour le cancer du sein en revanche, l'effet protecteur apparaît le plus important. Les résultats montrent en effet qu'avec la même substitution, le risque diminue de 10 %, et ce même en tenant compte des facteurs protecteurs souvent présents chez les femmes qui mangent bio (catégorie socioprofessionnelle, métier, qualité générale de l'alimentation, consommation d'alcool et de tabac, activité physique, antécédents familiaux de cancer, surpoids, etc.).

Pour les chercheurs, l'hypothèse la plus probable est bien que les résidus de pesticides présents dans les produits issus de l'agriculture conventionnelle favorisent le cancer du sein chez la femme ménopausée.

Pour bénéficier entièrement des vertus anticancer du sein des fruits et des légumes, opter pour le bio semble être une bonne idée. © Nomad_Soul, Adobe Stock

Une hypothèse qui se renforce...

Dans de précédentes études, les mêmes chercheurs - tous issus d'organismes de recherche français (Inrae, Inserm, Conservatoire national des arts et métiers, université Sorbonne Paris-Nord et université Paris Cité) - avaient déjà montré que les hommes et les femmes qui consomment des aliments bio avaient moins de risque de lymphomes.

Chez ceux qui consommaient environ 50 % de leurs aliments sous forme bio (les plus gros consommateurs), le risque de lymphome était diminué de 35 %. Pour le cancer sur sein, les plus grosses consommatrices voyaient leur risque de cancer du sein diminuer de 75 %.

Selon Emmanuelle Kesse-Guyot, coordonnatrice de cette étude interrogée par le journal Le Monde, cette dernière étude apporte une estimation plus fine des quantités nécessaires pour avoir un effet protecteur. « Nous trouvons toujours cette même association, très robuste, entre consommation de fruits et légumes bio et réduction de l'incidence du cancer du sein chez les femmes ménopausées », explique-t-elle.

... mais qui reste à confirmer

Petit bémol cependant : ces études sont observationnelles. Elles mettent en évidence une corrélation, mais pas un lien de causalité.

Deux autres études importantes explorant l'impact du bio sur le risque de cancer ont en effet mis en évidence des résultats contradictoires : d'un côté, une réduction des lymphomes avec une légère hausse des cancers du sein ; de l'autre, une baisse du cancer de l’estomac avec une hausse des lymphomes.

L'avantage de l'étude NutriNet par rapport à ces deux études, c'est qu'elle est basée sur une classification très fine des aliments consommés quotidiennement, autant en matière de fréquence que de quantité, ce qui pourrait rendre ses résultats plus fiables, malgré une puissance statistique un peu basse.

En attendant des résultats plus précis, rien ne vous empêche d'appliquer le principe de précaution : tout ce qui permet de limiter l'exposition aux pesticides reste une option sûre.

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