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3 juin 2026

Ces épices cachent des effets étonnants sur votre glycémie, votre microbiote et vos cellules, révèle une étude

Et si votre placard à épices cachait de véritables alliées santé ? Cannelle, curcuma, piment, poivre ou origan renferment des molécules capables d’agir sur le microbiote, le métabolisme, l’inflamma...

Ces épices cachent des effets étonnants sur votre glycémie, votre microbiote et vos cellules, révèle une étude

Cannelle, curcuma, poivre, piment, origan... Vous avez l'habitude de relever vos plats avec des épices et des aromates ? Sachez qu'en plus d'apporter de la saveur à ce que vous mangez, ces condiments fournissent des molécules capables de moduler le fonctionnement de vos cellules, mais aussi de favoriser votre maintien en bonne santé.

On sait que les épices sont particulièrement riches en composés phénoliques et en antioxydants, des molécules qui réduisent le stress oxydant et aident les cellules à se protéger contre les effets néfastes des radicaux libres. Mais quels sont les autres effets ?

Des chercheurs du Centre de nutrition humaine de l'Université de Californie à Los Angeles (Ucla) ont passé en revue l'ensemble des études qu'ils avaient eux-mêmes menées sur le sujet entre 2010 et 2024 (huit essais cliniques et 12 expériences in vitro), mais également une sélection d'études identifiées dans la base de données PubMed. Objectif : faire le point sur les connaissances concernant les effets sur la santé des condiments et leurs mécanismes d'action.

La cannelle : maintien de la glycémie, anti-inflammatoire et anti-infectieux

Selon les résultats publiés dans Nutrition Reviews, plusieurs études pointent que la cannelle pourrait contribuer au maintien d'une glycémie stable. Un bénéfice intéressant compte tenu du fait qu'une glycémie chroniquement élevée fait le lit de plusieurs maladies métaboliques, notamment du diabète.

Les données scientifiques indiquent que cette épice module les taux d'insuline (hormone qui fait baisser le taux de sucre sanguin) et de glucagon (hormone qui augmente ce taux) après le repas. En revanche, parmi les participants aux essais, certains montraient des augmentations transitoires de la glycémie, ce qui souligne la complexité probable des effets métaboliques de la cannelle.

Outre des propriétés antioxydantes, des effets protecteurs sur le foie et le cerveau ainsi qu'une capacité à moduler la composition du microbiote, la cannelle aurait une action anti-infections respiratoires et gastro-intestinales.

Les mécanismes biologiques sous-jacents reposeraient sur la capacité de la cannelle, notamment d'un de ses composés appelé cinnamaldéhyde, à moduler :

  • les voies de signalisation cellulaire liées au métabolisme, à la sensibilité à l'insuline et aux défenses cellulaires ;
  • l'expression de gènes et l'activité d'enzymes impliqués dans l'inflammation.
Cerveau, poumons, intestins… Les épices ont des effets multiples sur l’organisme. © waqar, Adobe Stock (image générée grâce à l’IA)

Le piment et le poivron : un effet potentiel sur la perte de poids

On retrouve dans le piment une molécule appelée capsaïcine et dans le poivron du dihydrocapsiate (DCT). Ces deux composés favorisent la thermogenèse, c'est-à-dire la production de chaleur par l'organisme liée notamment à une augmentation de la dégradation des graisses corporelles.

Cet effet, qui se produirait grâce à l'activation du système nerveux sympathique par la capsaïcine et le DCT, pourrait favoriser la perte de poids.

Cependant, les études chez l'Homme donnent des résultats contradictoires. Si un essai mené en 2010 a mis en évidence qu'une complémentation en DCT de poivron rouge améliorait la dépense énergétique après le repas, un autre plus récent a montré que le DCT n'avait pas d'effet significatif sur la dépense énergétique ni sur l'oxydation des graisses (lipolyse) pendant l'effort ou au repos.

Le curcuma : anti-cancer, anti-démence, anti-arthrose

Selon une étude publiée en 2014, l'association d'arctigénine (bardane), d'épigallocatéchine gallate ou EGCG (thé) et de curcumine (un composé du curcuma) exerçait un effet anticancéreux synergique sur les cellules cancéreuses de la prostate et du sein.

Cet effet pourrait bien être lié aux puissants effets antioxydants de la curcumine, qui neutralise les radicaux libres et stimule les systèmes antioxydants naturels du corps. Il semble également que ce composé favorise la mort des cellules cancéreuses en favorisant l'apoptose (mort cellulaire programmée) et en freinant leur prolifération.

Le curcuma serait également utile pour freiner le déclin cognitif. Une étude de 2018 a montré qu'une supplémentation quotidienne en curcumine pendant 18 mois améliorait la mémoire, l'attention et l'humeur chez des personnes âgées.

Enfin, d'autres recherches ont mis en évidence, chez des patients souffrant d'arthrose du genou, que la curcumine était efficace pour soulager les douleurs du genou. Ce composé pourrait également diminuer le « mauvais » cholestérol (LDL) et améliorer le « bon » chez les personnes souffrant de syndrome métabolique.

Les mélanges d’épices : bon pour l’équilibre du microbiote

Quand on pense « microbiote », on pense généralement aux fibres dont les bactéries se nourrissent dans notre intestin. On sait moins que les micro-organismes de la flore intestinale se nourrissent aussi de polyphénols dont les épices regorgent.

Des études in vitro et sur l'Homme ont mis en évidence que des mélanges d'épices (poivre noir, piment de Cayenne, cannelle, gingembre, origan, romarin, curcuma) apportent une gamme variée de polyphénols capables de favoriser la croissance des bactéries bénéfiques du microbiote (lactobacilles et bifidobactéries) et d'inhiber la prolifération des bactéries pathogènes.

Autre intérêt non négligeable des mélanges d'épices pour la santé : leur ajout dans les préparations à base de viande diminuerait les taux de malondialdéhyde, un marqueur de la peroxydation des lipides en réponse au stress oxydant, et améliorerait le fonctionnement des vaisseaux sanguins.

Le saviez-vous ?

Des effets qui restent à documenter

Même si les effets des épices et des aromates sur la santé offrent des perspectives prometteuses en matière de prévention des maladies, des études complémentaires rigoureuses doivent encore être menées pour préciser leurs modes d'action.

Une première raison, c'est que les études analysées par les chercheurs de l'Ucla utilisent souvent des doses qui sont supérieures à celles consommées dans l'alimentation quotidienne. Deuxième raison : les méthodes de cuisson, la digestion, les interactions avec les autres aliments peuvent influencer parfois fortement la biodisponibilité et l'efficacité des composés issus des épices.

En attendant, rien ne vous empêche d'user (et abuser) des épices et des aromates au quotidien pour donner de la saveur à vos plats. Au mieux, elles amélioreront votre santé, au pire, elles vous donneront un plaisir gustatif intense.

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