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21 mai 2026

Ces personnes sont touchées par Alzheimer, mais leur cerveau fonctionne bien : quel est leur secret ?

Une étude menée sur des centaines de seniors révèle pourquoi certaines personnes conservent une mémoire intacte malgré des lésions cérébrales typiques de la maladie. Les chercheurs identifient plus...

Ces personnes sont touchées par Alzheimer, mais leur cerveau fonctionne bien : quel est leur secret ?

Troubles de la mémoire récente, confusion, difficultés à planifier, à parler, à raisonner, problèmes de l'orientation dans l'espace, perte d'autonomie... La démence - dont 60 à 70 % des cas s'expriment sous la forme d'une maladie d'Alzheimer - toucherait près de 1,5 million de personnes en France, la majorité après 65 ans. Malgré de nombreuses recherches, il n'existe à ce jour aucun traitement efficace pour ralentir ou inverser les processus de neurodégénérescence à l'origine de la maladie.

Les scientifiques savent cependant que certaines personnes âgées conservent de bonnes capacités cognitives alors même qu'elles présentent, dans leur cerveau, des lésions précoces liées à cette pathologie. Comment l'expliquer ?

Comment le cerveau se protège-t-il ?

Pour le savoir, une équipe de chercheurs australiens et américains a utilisé les données issues d'un essai clinique impliquant 621 personnes âgées en moyenne de 65 à 80 ans vivant de manière autonome et ne présentant aucun signe de démence ni de troubles de la mémoire.

Les données comprenaient des analyses sanguines, des IRM cérébrales, ainsi que les résultats à des tests cognitifs rigoureux (mémoire, attention, vitesse de traitement de l'information, fonctions exécutives, etc.). Les chercheurs ont également intégré dans leurs calculs des facteurs tels que le niveau d'étude ou la sécurité financière. Les résultats ont été publiés dans la revue Neurology. Que montrent-ils ?

Les chercheurs ont bien retrouvé des lésions liées à la maladie d'Alzheimer chez certains participants. Parmi eux, ceux qui présentaient une bonne santé cérébrale globale, l'impact de ces modifications était réduit.

Le bon combo : alimentation, exercice physique, sommeil et stimulation intellectuelle

« Notre principale conclusion est que le maintien d'une bonne santé cérébrale globale peut contribuer à réduire l'impact des changements liés à la maladie d'Alzheimer sur les fonctions cognitives », explique le Dr Kelsey Sewell, auteure principale de l'étude et membre de l'École des sciences de la santé de l'Université Murdoch.

Pour les chercheurs, les personnes qui possèdent cette « bonne santé cérébrale » sont ceux qui pratiquent de l'exercice physique, ont une alimentation saine et riche en nutriments, des habitudes de sommeil favorables à une bonne récupération, et qui recherchent de nouveaux défis cognitifs (rencontrer de nouvelles personnes, lire, voyager...).

Bien manger, bien dormir, bouger, mais aussi sortir et sociabiliser, de bons moyens de rendre son cerveau plus résilient face à la neurodégénérescence. © KayExam/peopleimages.com, Adobe Stock

Jamais trop tard pour commencer

Un mode de vie sain et actif est en effet favorable à une bonne « réserve cérébrale et cognitive », c'est-à-dire à une structure cérébrale et des connexions neuronales suffisamment denses pour que le cerveau soit résilient, c'est-à-dire capable de compenser la dégénérescence et ainsi de maintenir la mémoire et les capacités de réflexion.

Mais, bonne nouvelle, « il n'est jamais trop tard, ni trop tôt pour commencer », rassure Kelsey Sewell.

Selon elle, ces résultats soulignent « la nécessité d'une action concertée entre la recherche, les politiques publiques et l'industrie afin de concevoir des environnements qui favorisent des choix plus sains et promeuvent la santé cérébrale à l'échelle de la population ».

Moins de démence quand on est riche ?

Il apparaît par ailleurs que les personnes ayant un statut socio-économique plus élevé semblent moins affectées par les changements liés à la maladie d'Alzheimer en ce qui concerne la mémoire.

Bien que les chercheurs estiment que ce résultat demande à être confirmé, il pourrait s'expliquer par un meilleur accès à des soins de santé, une réduction du stress, un niveau d'éducation plus élevé ou davantage de stimulations cognitives chez les personnes aisées. On sait que ce sont tous des facteurs qui contribuent à la protection des neurones contre la dégénérescence.

S'il vous sera peut-être difficile de changer votre statut socio-économique d'un claquement de doigt, rien ne vous empêche de changer certaines de vos habitudes de vie dès aujourd'hui. N'attendez pas !

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