Cette vitamine méconnue pourrait ralentir la calcification des artères, voici comment l'intégrer à votre alimentation
Indispensable à la coagulation du sang, la vitamine K intervient aussi dans la minéralisation des os et dans la régulation de la calcification des artères. Chez l'adulte en bonne santé, une al...

La vitamine K est moins connue que les vitamines C ou D. Elle joue pourtant un rôle essentiel dans l'activation de plusieurs protéines du foie, des os et des vaisseaux sanguins. Son intérêt pour la santé cardiovasculaire fait l'objet de recherches actives, mais les données restent préliminaires. Pour les personnes qui suivent un traitement anticoagulant, elle impose par ailleurs des précautions particulières.
Deux formes principales
La vitamine K est une vitamine liposoluble, c'est-à-dire soluble dans les graisses. Elle existe surtout sous deux formes. La vitamine K1, ou phylloquinone, est la plus abondante dans l'alimentation. La vitamine K2, ou ménaquinones, est produite par certaines bactéries et se trouve dans quelques aliments d'origine animale ou fermentés.
La vitamine K1 est présente en quantité dans les légumes verts à feuilles, comme le chou kale, les épinards, les blettes ou la salade, ainsi que dans le brocoli, le persil et certaines huiles végétales, notamment de soja et de colza. Sa présence dans un repas comportant un peu de matière grasse facilite son absorption. La vitamine K2 se trouve dans les abats, certains fromages affinés et des aliments fermentés comme le natto, un plat japonais à base de soja.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a fixé à 79 microgrammes par jour l'apport satisfaisant en vitamine K1 pour les adultes, y compris les femmes enceintes et allaitantes. Ce repère est facilement couvert par une alimentation comportant régulièrement des légumes verts.
Une vitamine indispensable à la coagulation
Le foie a besoin de vitamine K pour activer plusieurs facteurs de coagulation. En cas de déficit marqué, le sang coagule moins bien, ce qui se traduit par des saignements : ecchymoses, saignements de nez ou des gencives, voire hémorragies digestives.
Ces carences restent rares chez l'adulte en bonne santé. Elles concernent surtout les nouveau-nés, qui reçoivent systématiquement de la vitamine K à la naissance, les personnes atteintes de maladies qui empêchent l'absorption des graisses et certaines situations médicales particulières. Des saignements inhabituels ou des ecchymoses qui apparaissent sans raison justifient de consulter un médecin, quelle qu'en soit la cause.

Un rôle dans l'os
Dans l'os, la vitamine K active l'ostéocalcine, une protéine qui participe à la fixation du calcium dans la matrice osseuse. Des études d'observation associent un apport insuffisant à une densité osseuse plus faible. L'intérêt des compléments pour prévenir les fractures reste en revanche discuté. Les recommandations privilégient l'alimentation.
La calcification des artères en question
Dans les parois des vaisseaux, une autre protéine dépendante de la vitamine K, la protéine Gla matricielle, freine les dépôts de calcium. Ces dépôts dans les artères coronaires sont un marqueur reconnu du risque cardiovasculaire.
L'essai néerlandais VitaK-CAC, publié en juin 2026 dans JAMA Cardiology, a testé un complément de vitamine K2, la ménaquinone-7, chez 180 patients atteints d'une maladie coronaire légère à modérée. Pendant deux ans, la moitié a reçu ce complément à dose quotidienne élevée et l'autre un placebo.
Le score de calcification coronaire a moins progressé dans le groupe traité : il est passé en médiane de 135 à 184 unités, contre 145 à 214 sous placebo. Les auteurs qualifient eux-mêmes l'effet de modeste. Ils soulignent qu'un essai plus large, mesurant la survenue d'infarctus ou d'accidents vasculaires cérébraux, reste nécessaire pour savoir si la supplémentation apporte un bénéfice réel. Le complément testé provient d'un fabricant qui met en avant ces résultats dans sa communication.
Une vigilance sous anticoagulants
Les médicaments antivitamine K, comme la warfarine, fluidifient le sang en bloquant le cycle de la vitamine K. Pour les personnes qui les prennent, les recommandations ne consistent pas à supprimer les aliments riches en vitamine K, mais à en garder une consommation aussi régulière que possible, d'une semaine à l'autre. Une variation brutale peut déséquilibrer le traitement, d'où l'importance du contrôle régulier de l'INR, l'examen sanguin qui mesure la coagulation.
Toute prise de complément de vitamine K, en particulier de K2 à forte dose, doit être discutée au préalable avec le médecin ou le pharmacien. C'est indispensable sous anticoagulant, en cas de maladie entraînant une mauvaise absorption des graisses, ou avant toute modification d'un traitement en cours, qui ne doit jamais être arrêté ou ajusté seul.

