Changement d’heure : allez-vous dormir une heure de plus ou de moins ?
Le passage à l'heure d'hiver intervient dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026. À trois heures du matin, les horloges reculeront d'une heure pour afficher deux heures....

La règle est fixée à l'échelle européenne : le retour à l'heure standard s'effectue le dernier dimanche d'octobre. En 2026, cette date tombe le 25.
Les appareils connectés, téléphones et ordinateurs, se mettent à jour automatiquement. Restent les horloges mécaniques, les fours, les réveils et les tableaux de bord de véhicules anciens, qui demandent une intervention manuelle.
Ce qui change concrètement
Le décalage joue dans le sens favorable pour cette nuit-là : une heure de sommeil supplémentaire. La répartition de la lumière, elle, se déplace. Il fera jour plus tôt le matin, et nuit plus tôt le soir. C'est ce second effet qui marque le plus les journées d'automne et d'hiver.
Pourquoi ce système existe
Le changement d'heure a été instauré en France en 1976, dans le prolongement du choc pétrolier de 1973-1974. L'objectif affiché relevait de l'économie d'énergie : mieux faire coïncider les heures d'activité avec la lumière naturelle, afin de réduire le recours à l'éclairage artificiel. Le dispositif n'était pas inédit. La France avait déjà pratiqué un décalage saisonnier entre 1916 et 1944, avant de l'abandonner.
Les gains énergétiques obtenus aujourd'hui font l'objet d'évaluations convergentes : ils sont réels mais modestes, et ils se sont réduits à mesure que l'éclairage devenait moins consommateur et que le chauffage et la climatisation prenaient une part croissante dans la consommation des ménages.
Les effets sur l'organisme
Le changement perturbe transitoirement l'horloge biologique, ce qui peut se traduire par des troubles du sommeil passagers, une baisse de la concentration et des désagréments digestifs.
Ces manifestations durent généralement quelques jours. Les nourrissons, les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de troubles du sommeil y sont les plus sensibles, leur rythme étant plus difficile à réajuster.
S'y ajoute un effet propre à la saison plutôt qu'au décalage lui-même : la réduction de l'exposition à la lumière, qui pèse sur l'humeur et qui caractérise la baisse de moral automnale.
Un point mérite d'être nuancé. La hausse des accidents de la route est régulièrement associée au changement d'heure, mais les deux passages ne se ressemblent pas. Celui du printemps, qui supprime une heure de sommeil, est le plus étudié de ce point de vue. En automne, le risque tient davantage à la tombée de la nuit à l'heure des trajets de fin de journée, période où les piétons et les cyclistes deviennent moins visibles.

Pourquoi l'heure d'hiver est préférable
C'est un point sur lequel les spécialistes du sommeil s'accordent, et il va à rebours d'une préférence répandue pour les longues soirées d'été. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale rappelle que l'heure d'hiver constitue l'heure standard la plus favorable à la santé, parce qu'elle se rapproche de l'heure solaire réelle. Une horloge calée sur le soleil facilite la synchronisation des rythmes biologiques, notamment par l'exposition à la lumière du matin.
Une précision s'impose toutefois pour la France. Même en hiver, le pays reste décalé d'environ une heure par rapport à son heure solaire, et de deux heures en été, héritage d'un alignement sur le fuseau de l'Europe centrale remontant à la Seconde Guerre mondiale. L'heure d'hiver est donc la moins éloignée du soleil, sans coïncider avec lui.
Comment amortir le changement
Quelques habitudes facilitent la transition :
- Décaler progressivement l'heure du coucher les jours précédents, par tranches d'un quart d'heure, évite un ajustement brutal.
- S'exposer à la lumière naturelle le matin constitue le levier le plus efficace pour recaler l'horloge interne. Une sortie, même brève, vaut mieux qu'une lampe.
- Limiter les écrans en soirée et maintenir des horaires réguliers pour les repas comme pour le coucher complètent le dispositif.
La suppression annoncée, toujours en attente
L'Union européenne a engagé la fin du changement d'heure il y a plusieurs années. Une consultation publique organisée en 2018 avait recueilli plusieurs millions de réponses, très majoritairement favorables à l'abandon du système. Le Parlement européen s'était ensuite prononcé pour une suppression.
Le processus s'est arrêté là. Les États membres ne sont jamais parvenus à s'accorder, notamment parce que chacun devrait choisir entre conserver l'heure d'été ou l'heure d'hiver, décision dont les conséquences diffèrent selon la position géographique de chaque pays et qui risquerait de créer une mosaïque de fuseaux.
Le changement d'heure reste donc en vigueur, sans échéance fixée. Le prochain passage, celui à l'heure d'été, interviendra le dernier dimanche de mars 2027.

