Des chercheurs pensent avoir trouvé le « point G masculin »… et ce n’est pas la zone que vous croyez
Et si l’on s’était trompé depuis des décennies ? Une nouvelle étude anatomique révèle une organisation nerveuse bien plus complexe qu’on ne le pensait, mettant en lumière une zone jusque-là sous-es...

Le gland est-il vraiment la partie du pénis la plus sensible sexuellement ? C'est ce qu'affirment de nombreux chercheurs depuis des années. Mais une recherche publiée dans la revue Andrology vient d'envoyer cette certitude aux oubliettes et remet en question la pratique de la circoncision.
Une analyse très poussée de l’innervation de la verge
Le docteur Alfonso Cepeda-Emiliani et son équipe, qui étudient l'innervation du pénis à l'Université de Saint-Jacques de Compostelle (Espagne), ont analysé au microscope des tissus issus de 30 échantillons fœtaux (8 à 24 semaines de gestation) ainsi que des échantillons de pénis provenant de cadavres adultes.
Ils ont ainsi pu étudier la formation et le développement des nerfs du pénis au cours du développement, ainsi que l'anatomie de l'innervation du gland et du prépuce. Objectif : combler les lacunes dans les connaissances anatomiques afin de donner davantage d'informations aux chirurgiens, notamment aux urologues.
Les scientifiques ont découvert que le « delta frénulaire » - une structure identifiée pour la première fois en 2001 et située dans la région du frein, sur la base inférieure du prépuce - possédait une innervation « unique ».
La base du frein, point G des hommes ?
Selon les auteurs, ce serait le « principal centre neurologique de la sensation sexuelle du pénis » et ferait partie - avec le reste du prépuce et le gland - des principales zones érogènes du pénis, en raison notamment de la présence de structures nerveuses « essentielles à la perception du plaisir sexuel ».
« En substance, la présence d'un centre sensoriel dans le pénis, comparable à un "point G", apparaît comme une réalité neuroanatomique, ancrée dans ses origines embryologiques et soulignant son rôle essentiel dans la sensation, la fonction et l'expérience sexuelles », expliquent-ils.
Ces résultats confirment une étude publiée en 2017 dans le British Journal of Urology International (BJUI International) dans laquelle des chercheurs avaient analysé la sensibilité du pénis au toucher fin et conclu que les zones les plus sensibles étaient situées sur le prépuce.

Différer l’âge de la circoncision
Selon les chercheurs, cette découverte apporte la preuve que l'excision chirurgicale du prépuce (circoncision) devrait être évitée autant que possible et remplacée par une « plastie préputiale » préservant les récepteurs sensoriels corpusculaires. Pour eux, l'ablation du prépuce chez les nourrissons et les enfants devrait être différée jusqu'à ce que l'individu soit en mesure de prendre une décision éclairée.
« Les résultats de cette étude [...] devraient être intégrés aux discussions et aux documents de consentement éclairé afin d'assurer un accompagnement complet des parents envisageant l'intervention pour leurs enfants, ainsi que des individus considérant une circoncision à l'âge adulte », estiment-ils.
Une attention particulière devrait selon eux également être portée aux incisions ventrales de la verge afin d'éviter d'endommager la neuroanatomie dense et complexe de cette zone.
« Nos travaux offrent des éclairages précieux aux chirurgiens spécialisés dans le pénis, en leur apportant une compréhension approfondie des tissus qu'ils résèquent, cautérisent et mobilisent couramment - des tissus finement innervés et d'une grande complexité structurelle, dont la richesse nerveuse est souvent sous-estimée ou négligée », concluent-ils.

