Des spermatozoïdes avec une « date limite » ? Une étude montre qu'éjaculer fréquemment booste la fertilité
Les spermatozoïdes ont-ils, comme les ovules, une date limite d’utilisation ? C’est ce que suggèrent de nouveaux travaux menés par une équipe de chercheurs britanniques. Si ce phénomène peut contri...

Contrairement aux femmes dont le stock de gamètes (ovules) est constitué dès la naissance, les hommes produisent en permanence de nouveaux spermatozoïdes. Faut-il pour autant en déduire que les spermatozoïdes n'ont jamais le temps de subir les conséquences du temps qui passe ? Rien n'est moins sûr, vient de démontrer une équipe de chercheurs de l'Université d'Oxford dans un article publié dans Proceeding of The Royal Society B.
Et cette découverte pourrait avoir des implications chez les hommes qui tentent de procréer, notamment ceux qui sont candidats à une assistance médicale à la procréation (fécondation in vitro ou insémination artificielle).
Quantité ou qualité : quel est le meilleur paramètre ?
« On conseille souvent aux hommes qui essaient de concevoir un enfant de s'abstenir de tout rapport sexuel pendant plusieurs jours afin de permettre à leur nombre de spermatozoïdes d'augmenter, expliquent les chercheurs dans un article de The Conversation. Il est vrai que l'abstinence augmente le nombre de spermatozoïdes. Mais le volume de l'éjaculat n'est pas le seul facteur qui détermine la fertilité. Notre nouvelle étude montre que chez les hommes (et d'autres animaux mâles), les spermatozoïdes stockés pendant l'abstinence sexuelle ‟vieillissent" en réalité et voient leur qualité se détériorer. »
Si on sait depuis longtemps que la fertilité masculine se détériore avec l'âge, on ne savait pas bien jusqu'à aujourd'hui si le temps passé par les spermatozoïdes dans l'appareil génital masculin pouvait aussi affecter la capacité des hommes à se reproduire.
Quand le temps passe, les spermatozoïdes trépassent
Pour apporter des éléments de réponse à ce questionnement, les chercheurs ont collecté les données concernant la qualité du sperme de 55 000 hommes qui avaient participé à différentes études (115 au total). Première surprise, quand les hommes s'abstiennent d'éjaculer, la santé de leur sperme diminue significativement : les spermatozoïdes perdent de leur motilité, leur durée de vie diminue, leur ADN se détériore...
Les scientifiques ont ensuite cherché à identifier les raisons de cette détérioration. Leur analyse montre que plus les spermatozoïdes stagnent dans l'appareil reproductif, plus les dommages causés par le stress oxydatif à leurs composants s'accumulent et plus leurs réserves énergétiques s'amoindrissent. Sachant que les gamètes mâles sont des cellules particulières qui ont de très faibles capacités à reconstituer leur stock de carburant, ils se retrouvent donc rapidement à court.

Attendre, oui, mais pas trop longtemps
On conseille généralement aux hommes qui doivent fournir un échantillon de sperme - pour une analyse, un traitement de fertilité ou une FIV - d'éviter d'éjaculer deux à sept jours avant le rendez-vous. Cette étude suggère au contraire qu'il serait préférable de ne pas attendre aussi longtemps. Les résultats corroborent ceux d'une étude publiée au mois de décembre dernier et dont Futura avait rendu compte et qui démontrait qu'une éjaculation dans les 48 heures précédant un prélèvement pour une FIV améliore les chances de succès.
Chez les primates, les scientifiques ont observé que des éjaculations fréquentes dues à la masturbation amélioraient la qualité de l'éjaculat.
Pour les auteurs de cette nouvelle étude, la masturbation masculine pourrait donc permettre d'éliminer le sperme endommagé.
Une DLUO à respecter
« Que ce soit chez la souris ou chez l'homme, les spermatozoïdes, tout comme les ovules, ont une ‟date limite d'utilisation optimale" [DLUO] après leur production, expliquent les chercheurs. Lorsque les spermatozoïdes sont stockés trop longtemps avant la fécondation, leur qualité se détériore. » La bonne nouvelle, c'est que vous pouvez y remédier. Il suffira d'éjaculer plusieurs fois un ou deux jours avant le D-Day.

