Logo Laboratoire FèsLaboratoire Fès
Retour aux actualités
28 octobre 2026

Forte hausse de 7 types de cancers chez les moins de 50 ans : 250 000 patients suivis pour trouver des réponses

Certains cancers progressent avant 50 ans dans plusieurs pays. Les chercheurs ont identifié un signal clair, mais peinent encore à en expliquer les causes. Pour avancer, une équipe veut suivre 250 ...

Forte hausse de 7 types de cancers chez les moins de 50 ans : 250 000 patients suivis pour trouver des réponses

À 35 ou 45 ans, on construit sa carrière, on élève ses enfants, on prépare la suite. On se dit qu'on est encore trop jeune pour avoir un cancer. Cette impression a un fondement : la maladie reste beaucoup plus fréquente chez les personnes âgées. Pourtant, dans les registres, les chercheurs voient se dessiner une évolution qui demande une explication : certains cancers sont davantage diagnostiqués avant 50 ans qu'au début des années 2000.

Pour mieux comprendre cette évolution, le Fonds mondial de recherche contre le cancer (WCRF) a examiné les diagnostics de douze types de cancer dans trois pays.

Dans trois pays, des hausses qui se recoupent

Tous les cancers ne progressent pas chez les moins de 50 ans. Mais l'analyse fait ressortir plusieurs tendances.

  • côlon-rectum et rein : hausse significative chez les femmes comme chez les hommes dans les trois pays ;
  • sein et utérus : progression surtout aux États-Unis et en Angleterre ;
  • cancer colorectal en Angleterre : chez les femmes de moins de 50 ans, les diagnostics passent de 627 en 2001 à 1 483 en 2023, soit plus du double ;
  • prostate en Angleterre : chez les hommes de moins de 50 ans, les diagnostics passent de 158 à 640. Le taux reste néanmoins faible : 3,6 cas pour 100 000 hommes en 2023, contre 1 en 2001.

À l'inverse, les taux de cancer du poumon diminuent chez les moins de 50 ans dans les trois pays. Ces trajectoires différentes compliquent l'enquête : les chercheurs doivent comprendre ce qui favorise chaque hausse, sans supposer une cause commune à tous ces cancers.

En France aussi, certains cancers progressent chez les jeunes adultes. Une étude publiée en 2025 par Santé publique France observe une hausse des cancers du côlon-rectum, du sein et du rein entre 2000 et 2020. Elle concerne toutefois les 15-39 ans dans une partie des départements français : une population différente de celle étudiée par le WCRF.

Les facteurs connus ne résolvent pas encore l’énigme

L'excès de poids, l'alcool, le manque d’activité physique ou certaines habitudes alimentaires constituent des pistes. Les chercheurs examinent aussi les expositions environnementales (par exemple, certains polluants) et le microbiote intestinal, l'ensemble des micro-organismes présents dans notre système digestif.

Mais cette analyse ne mesure pas la contribution de chacun de ces facteurs à la hausse. Une meilleure détection pourrait également augmenter les diagnostics. Comment distinguer cette évolution d'une augmentation réelle du risque ?

Une alimentation déséquilibrée pourrait contribuer à la hausse de certains cancers avant 50 ans, au même titre que l’excès de poids, l’alcool et le manque d’activité physique. Les chercheurs étudient aussi les expositions environnementales et les modifications du microbiote intestinal, sans avoir encore établi la part de chaque facteur. © monticellllo, Adobe Stock

Suivre 250 000 adultes pour chercher les causes du cancer colorectal

Pour avancer, il faut dépasser le constat et observer les expositions au fil du temps. Le King's College de Londres a annoncé le 5 octobre que PROSPECT-UK vise à recruter 250 000 adultes pour étudier le cancer colorectal précoce.

« En quelques générations seulement, nos modes de vie, nos régimes alimentaires et notre environnement ont radicalement changé. Or, nous ignorons quels changements augmentent le risque de cancer colorectal et lesquels pourraient le réduire. Il est urgent de recueillir des données à grande échelle et sur le long terme afin de découvrir les véritables causes des cancers colorectaux à apparition précoce », explique Sarah Berry, responsable de projet.

Les cancers sont-ils plus nombreux chez les jeunes adultes, ou en repère-t-on davantage grâce aux progrès du diagnostic ? Et quelle part de la hausse chacune de ces explications représente-t-elle ? Ce sont ces questions que les chercheurs doivent encore trancher pour orienter la prévention.

Autres actualités