Hantavirus : une Française testée positive, 22 cas contact… Faut-il craindre une nouvelle pandémie ?
Ambulances séparées, réunion de crise, quarantaine pendant six semaines… Le foyer d’hantavirus du MV Hondius réveille inévitablement le souvenir des débuts de la Covid-19. Mais malgré plusieurs déc...

Le foyer d’hantavirus apparu à bord du navire de croisière MV Hondius continue de mobiliser les autorités sanitaires internationales. Une passagère française rapatriée en France a été testée positive au virus des Andes et 22 cas contacts ont également été identifiés.
Les cinq passagers français rapatriés ont été transportés à l'hôpital Bichat à Paris dans des conditions de précaution maximales : cinq ambulances distinctes auraient été mobilisées, une par personne, afin de limiter tout risque de transmission potentielle.
Une période d’incubation très longue qui inquiète les autorités
Cette prudence s'explique notamment par les caractéristiques du virus des Andes (ANDV), responsable de formes pulmonaires sévères pouvant présenter un taux de mortalité estimé entre 30 et 50 % dans certaines études.
Autre difficulté pour les autorités sanitaires : la période d'incubation peut atteindre jusqu'à six semaines.
Autrement dit, certaines personnes exposées pourraient encore développer des symptômes longtemps après leur retour dans leur pays d'origine. C'est dans ce contexte que 22 cas contacts ont été identifiés autour des trajets aériens ayant servi au rapatriement des passagers français.
La ministre française de la Santé, Stéphanie Rist, a déclaré sur France Inter que 8 des 22 cas contacts se trouvaient sur un vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg, tandis que 14 autres ont été identifiés sur un vol entre Johannesburg et Amsterdam. © France Inter, YouTube
Un cas américain a également été signalé ce lundi parmi les passagers évacués du MV Hondius, renforçant les inquiétudes autour d'une possible dispersion internationale des cas.
La France a décidé d'imposer des mesures de surveillance renforcées avec isolement et suivi pendant 42 jours, soit la durée maximale théorique d'incubation du virus des Andes.
D'autres pays surveillent la situation, mais les mesures qui pourraient être prises restent encore floues. Les autorités sanitaires cherchent surtout à éviter toute chaîne de transmission secondaire liée aux rapatriements.
« Ce n’est pas un nouveau Covid », insiste l’OMS
Malgré les images de quarantaine et les mesures de précaution inhabituelles, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) tente toutefois d'éviter toute panique.
Décrivant la situation comme « grave », son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a néanmoins estimé que « le risque pour la santé publique est faible ». Il a toutefois reconnu que, compte tenu de la longue incubation du virus, « il est possible que d'autres cas soient signalés ».
L'OMS insiste surtout sur une différence majeure avec des virus extrêmement contagieux comme la rougeole ou la Covid-19.
« Ce n'est pas un nouveau Covid », a insisté Christian Lindmeier, lors d'un briefing organisé à Genève.
Le responsable a également rappelé que plusieurs personnes ayant pourtant partagé une cabine avec des malades n'avaient pas été contaminées, signe d'une transmission jugée limitée. Selon l'OMS, le virus des Andes nécessite généralement des contacts très étroits et prolongés pour se transmettre entre humains.
Mais le foyer du MV Hondius reste inhabituel par son ampleur, avec plusieurs décès déjà recensés et des passagers dispersés dans différents pays après leur évacuation. Une situation qui pousse désormais les autorités sanitaires à maintenir une surveillance renforcée pendant plusieurs semaines.

