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23 septembre 2026

Hydratation : ce qui compte ne serait pas seulement le volume bu, mais la composition de la boisson

Plusieurs études classent le lait devant l'eau sur un critère précis : la quantité de liquide encore présente dans l'organisme quelques heures après l'avoir bu. Le résultat est réel,...

Hydratation : ce qui compte ne serait pas seulement le volume bu, mais la composition de la boisson

L'idée circule régulièrement : le lait hydraterait mieux que l'eau. Elle s'appuie sur des travaux existants, dont les conclusions sont souvent extrapolées bien au-delà de ce qu'ils mesurent. Reprendre le détail de ces études permet de comprendre ce qu'elles établissent, et pourquoi les recommandations sanitaires n'en ont pas été modifiées.

Ce que les études ont mesuré

Une première étude, en 2007, a testé différentes boissons chez des volontaires déshydratés après une activité sportive. Le lait produisait un débit urinaire inférieur à celui observé après consommation d'eau ou de boissons énergétiques. L'équilibre hydrique restait positif jusqu'à cinq heures après l'effort, alors qu'il revenait à son point de départ au bout d'une heure avec les autres boissons.

Une expérience comparable a été menée à l'université de Limerick, en Irlande, auprès de sept jeunes hommes pratiquant une activité physique régulière. La récupération de l'équilibre hydrique après l'effort s'y est révélée supérieure avec le lait, ce que les chercheurs attribuent à la combinaison des nutriments qu'il contient.

En 2016, une étude parue dans The American Journal of Clinical Nutrition a élargi la comparaison. Soixante-douze hommes ont été suivis pendant quatre heures, cette fois sans activité physique préalable. Les boissons testées comprenaient eau, lait entier, lait écrémé, thé, café, sodas classique et allégé, jus d'orange, bière, boisson énergétique et solution de réhydratation orale.

Les deux laits et la solution de réhydratation sont arrivés en tête pour la rétention de liquide. Une étude publiée en 2020 dans la revue Nutrients est parvenue à un résultat convergent.

Ces résultats appellent à la prudence : l'eau demeure la boisson de référence pour s'hydrater, sans apport calorique ni sucre. © Scandistock, iStock

Pourquoi le lait retient mieux l'eau

La réponse tient à ce que l'organisme ne réagit pas seulement au volume ingéré, mais aussi à la composition de la boisson.

Deux mécanismes interviennent. Les électrolytes, sodium et potassium en tête, favorisent la rétention hydrique. Les calories, elles, ralentissent la vidange gastrique, ce qui étale l'absorption dans le temps et retarde l'élimination urinaire.

Melissa Majumdar, diététicienne et porte-parole de l'Academy of Nutrition and Dietetics, qui n'a pas participé à ces travaux, résume ce double effet.

Une précision s'impose toutefois sur la composition du lait. Il contient effectivement du sodium et du potassium, mais en quantités modestes comparées à une solution de réhydratation. Sa teneur en protéines et en lactose contribue probablement davantage à l'effet observé. Le fait que le lait écrémé obtienne des résultats comparables au lait entier indique d'ailleurs que la matière grasse n'explique pas l'essentiel.

Les limites, et elles sont déterminantes

Ces résultats appellent une lecture prudente, pour trois raisons. Les effectifs sont très réduits, de sept à soixante-douze participants selon les protocoles, uniquement des hommes.

Les mesures portent sur des durées courtes, cinq heures au maximum. Un professeur de la faculté de médecine de l'université Harvard pose la question qui s'impose : cette différence entre lait et eau subsisterait-elle si les participants avaient été suivis plus longtemps ?

Surtout, ces études évaluent un paramètre précis, la rétention de liquide après un effort ou sur quelques heures, et non l'hydratation au sens où l'entend la santé publique.

Pourquoi cela ne s'applique pas à une canicule

Le contexte fait toute la différence. La rétention de liquide constitue un enjeu pour un sportif qui doit récupérer rapidement après une déshydratation aiguë. Pendant un épisode de forte chaleur, la logique est autre : il s'agit de compenser en continu des pertes qui se poursuivent sur plusieurs jours, ce qui suppose de boire régulièrement et en quantités modérées, plutôt que d'optimiser la rétention d'une prise unique.

Le lait reste par ailleurs un aliment, apportant calories, sucres et graisses selon sa nature. Le consommer en substitution de l'eau modifie l'apport alimentaire, ce qui n'est pas neutre. Il ne convient pas non plus aux personnes intolérantes au lactose, et sa conservation par forte chaleur demande une vigilance particulière.

Les recommandations sanitaires n'ont donc pas changé. L'eau demeure la boisson de référence pour s'hydrater, sans apport calorique ni sucre, complétée par une alimentation riche en eau, fruits et légumes de saison, qui fournit également des minéraux.

Un dernier point mérite d'être connu : boire de très grandes quantités d'eau en peu de temps n'améliore pas l'hydratation et peut, dans des cas rares, diluer excessivement le sodium sanguin. La régularité prime sur le volume.

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