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14 août 2026

Ils mangent sans grossir : copier ce détail dans leurs gènes pourrait faire la différence pour votre santé

Des chercheurs évoquent la piste génétique pour expliquer le fait que certaines personnes ne grossissent pas malgré leur alimentation et que d’autres prennent du poids au moindre écart.

Ils mangent sans grossir : copier ce détail dans leurs gènes pourrait faire la différence pour votre santé

Les personnes porteuses d'une variante génétique rare ont naturellement un faible taux de graisse corporelle, un foie plus sain et une meilleure glycémie. Ce qui leur permet de garder un poids stable sans se restreindre sur leur alimentation. C'est ce que révèle une étude récente, menée sur plus d'un million de personnes vivant dans trois continents différents et publiée dans Nature.

Le gène FNIP1, un acteur clé dans la dépense énergétique

Vous l'avez sans doute déjà remarqué autour de vous, ou par votre expérience : nous ne sommes pas tous égaux face aux effets de notre alimentation sur notre poids. Ce constat a conduit des scientifiques à penser que le métabolisme (comment l'organisme transforme les aliments ingérés) et la prédisposition à l'obésité pourraient être influencés par des facteurs génétiques.

Pour le vérifier, ils ont rassemblé un vaste ensemble de données leur permettant d'identifier des schémas pertinents dans les variants génétiques associés à un métabolisme plus sain (donc moins susceptible de favoriser la prise de poids). Les chercheurs ont recueilli les données génétiques et les dossiers médicaux de 1 032 116 personnes, réparties dans 11 groupes d'étude en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Ils ont constaté que 59 gènes indépendants avaient une influence directe sur la façon dont le corps équilibre l'énergie, stocke les graisses et gère le métabolisme. Une grande majorité de ces gènes agissent dans le foie et le tissu adipeux (les graisses). Parmi eux, 23 sont déjà ciblés par des traitements médicamenteux contre l'obésité approuvés ou actuellement à l'étude dans des essais cliniques.

Les scientifiques ont également découvert que les personnes porteuses d'une rare variante qui inhibe le gène FNIP1 affichaient un profil métabolique très sain. Le gène FNIP1 freine la dépense énergétique, empêchant les cellules de consommer trop d'énergie.

Les scientifiques savent depuis longtemps que le métabolisme et les capacités de stockage d'énergie d'une personne sont en partie liés à nos gènes. © vitstudio, Adobe Stock

Des souris qui ne prennent pas de poids malgré une alimentation riche en graisses et en sucres

Les individus porteurs de la rare variante du gène FNIP1 avaient des taux de lipides sanguins plus faibles, un poids et un pourcentage de masse grasse inférieurs aux personnes qui n'étaient pas porteuses de cette variante génétique. Mais ce n'est pas tout, ces porteurs de la variante du gène FNIP1 avaient aussi une glycémie (taux de sucre dans le sang) plus basse et nettement moins de graisses stockées dans le foie, par rapport aux autres.

Les chercheurs ont donc émis l'hypothèse que cette rare variante génétique pourrait être à l'origine de ces bénéfices. Pour en être sûrs, ils ont inhibé directement le gène FNIP1 dans des cellules hépatiques humaines. Leur hypothèse s'est confirmée puisque les cellules ont immédiatement activé des gènes qui ont dégradé les graisses et éliminé les déchets cellulaires.

Les scientifiques ont ensuite voulu vérifier cet effet chez les souris en inhibant la voie FNIP1 dans leur foie. Ils ont été surpris de voir que les souris ne prenaient pas de poids et n'accumulaient pas de graisse dans leur foie, alors qu'elles avaient été soumises à un régime riche en graisses et en sucres pendant 30 semaines !

Ces résultats suggèrent donc que le gène FNIP1 jouerait un rôle important dans la transformation des aliments en énergie par l'organisme, mais aussi dans les biomarqueurs métaboliques (glycémie, cholestérol, triglycérides...). Développer des médicaments qui l'inhibent pourrait, à terme, permettre de lutter efficacement contre l'obésité, le diabète ou encore les maladies cardiaques.

Environ une personne sur 7 000 est porteuse d'une mutation génétique rare et naturelle qui désactive une copie du gène FNIP1. Si vous faites partie de ces gens qui arrivent à garder un poids stable sans modifier leur alimentation, alors vous êtes peut-être porteur(se) de cette mutation génétique rare.

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