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30 juillet 2026

Ils ont des lésions d’Alzheimer mais pas de démence : des chercheurs ont découvert pourquoi

Près de 1,5 million de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer et de maladies apparentées en France. Une nouvelle étude révèle pourquoi certains cerveaux semblent résister aux lésions de...

Ils ont des lésions d’Alzheimer mais pas de démence : des chercheurs ont découvert pourquoi

Comment certaines personnes peuvent-elles avoir dans leur cerveau les lésions typiques de la maladie d’Alzheimer sans perdre la mémoire ni développer de démence ? Une étude publiée dans Nature Medicine apporte une nouvelle piste. Une équipe internationale a découvert un changement important dans le comportement des microglies, les cellules immunitaires chargées de protéger le cerveau. Ce changement pourrait jouer un rôle décisif dans l'évolution de la maladie.

Les lésions d’Alzheimer ne provoquent pas toujours une démence

La maladie d'Alzheimer est notamment associée à l'accumulation de deux protéines anormales dans le cerveau : la protéine amyloïde-β, qui forme des plaques autour des neurones, et la protéine tau, qui s'accumule à l'intérieur de ces cellules.

Pourtant, certaines personnes présentent beaucoup de plaques amyloïdes dans leur cerveau tout en conservant une mémoire et des capacités de réflexion normales. Les scientifiques cherchent donc à comprendre ce qui permet à leur cerveau de résister.

Les auteurs de cette nouvelle étude ont analysé des tissus cérébraux provenant de personnes âgées de plus de 80 ans, certaines atteintes de démence et d'autres non. Ils ont également étudié le cerveau de centenaires qui avaient gardé de bonnes capacités cognitives.

Grâce à des techniques permettant d'étudier l'activité des cellules et leur emplacement dans le cerveau, les chercheurs ont identifié six types de zones cérébrales. Ensemble, elles dessinent un parcours allant des premières modifications liées à la protéine amyloïde jusqu'aux lésions associées à tau et à la dégénérescence des neurones.

Les microglies, cellules immunitaires du cerveau, changent de comportement à mesure que la maladie d’Alzheimer progresse. Cette transition pourrait expliquer pourquoi certains cerveaux résistent à la démence malgré la présence de plaques amyloïdes. © Bas Moonen

Un changement important dans les défenses du cerveau

Les chercheurs se sont particulièrement intéressés aux microglies. Ces cellules font partie du système immunitaire du cerveau. Elles surveillent leur environnement, éliminent certains déchets et participent à la protection des neurones.

L'étude montre que leur comportement évolue au cours de la maladie. Dans un premier temps, les microglies réagissent surtout aux plaques amyloïdes. Cette réaction inflammatoire pourrait participer à la résistance du cerveau face à la maladie.

Plus tard, elles changent d'état au moment où la protéine tau commence à s'accumuler et où les neurones sont davantage endommagés. Ce passage d'un état à l'autre pourrait représenter un véritable « point de bascule » vers la neurodégénérescence et la démence.

« Mieux comprendre comment le cerveau résiste à la maladie ouvrira de nouvelles voies thérapeutiques pour prévenir la neurodégénérescence et la démence », explique le professeur Mark Fiers, co-auteur principal de l'étude.

Le cerveau pourrait résister de deux manières différentes

Les scientifiques ont découvert que toutes les personnes résistantes à Alzheimer ne suivaient pas le même chemin.

Chez les octogénaires qui avaient des plaques amyloïdes mais pas de démence, les microglies semblaient rester dans leur premier état. Elles ne passaient pas à l'état plus tardif associé à la protéine tau et à la progression de la maladie.

Chez les centenaires, ce second état était bien présent. Mais, de manière surprenante, il était en grande partie dissocié de l'accumulation de protéine tau. Leur cerveau semblait donc capable d'activer cette réponse immunitaire sans subir les effets nocifs habituellement observés.

« Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour cibler les états microgliaux, notamment les voies de signalisation telles que TREM2, et renforcer la résilience plutôt que de se concentrer uniquement sur l'élimination des plaques. », conclut Niels Plath, directeur scientifique de Muna Therapeutics.

D'autres recherches seront nécessaires pour vérifier le rôle des microglies et savoir à quel moment il faudrait intervenir.

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