Logo Laboratoire FèsLaboratoire Fès
Retour aux actualités
24 septembre 2026

La forme physique des enfants européens décline depuis des décennies, mais un indicateur inquiète particulièrement les scientifiques

Plus de 400 000 jeunes Européens, six décennies de mesures, quatre indicateurs suivis. Le déclin de la condition physique n'est uniforme ni dans le temps ni selon les capacités : l'endura...

La forme physique des enfants européens décline depuis des décennies, mais un indicateur inquiète particulièrement les scientifiques

La condition physique pendant l'enfance et l'adolescence constitue un indicateur de santé, présente comme future. Une équipe de l'université de Saragosse a rassemblé les données disponibles à l'échelle européenne pour retracer son évolution sur près de soixante ans. Les résultats, publiés le 20 juin 2026 dans la revue Sports Medicine–Open, dessinent des trajectoires distinctes selon les capacités mesurées.

Une compilation à grande échelle

Les chercheurs ont analysé les données de 417 362 participants âgés de 6 à 16 ans, issus d'une vingtaine de pays européens, sur la période 1965-2023.

Quatre indicateurs ont été suivis : la force musculaire, la souplesse, la composition corporelle et la capacité cardiorespiratoire, c'est-à-dire l'aptitude du cœur, des poumons et des vaisseaux à alimenter les muscles en oxygène lors d'un effort prolongé.

Le constat général fait état d'un déclin engagé depuis 1990, avec des phases d'accélération ou de stabilisation selon la composante considérée.

Quatre trajectoires différentes

La force du haut du corps recule globalement depuis les années 1970, avec une brève stabilisation entre 1980 et 2000. La force du bas du corps a suivi un chemin inverse dans un premier temps, en progression jusque dans les années 1980, avant d'entamer une baisse continue.

La composition corporelle se dégrade de façon linéaire. Les auteurs soulignent l'intérêt de suivre l'évolution de la masse grasse plutôt que le seul indice de masse corporelle, indicateur qui ne distingue pas masse grasse et masse musculaire et masque donc une partie du phénomène. La capacité cardiorespiratoire constitue la seule note relativement encourageante. Après un long déclin, la tendance se serait stabilisée depuis 2015.

Force musculaire, souplesse, composition corporelle et capacité cardiorespiratoire sont les quatre indicateurs de santé physique qui ont été mesurés. © pixdeluxe, iStock

La souplesse, le point le plus préoccupant

C'est sur cet indicateur que les auteurs concentrent leur inquiétude. La souplesse décline sans interruption, et ce recul s'accélère depuis 2000. Aucun autre paramètre ne présente une dégradation aussi soutenue sur la période récente.

Pourquoi ces indicateurs comptent

L'enjeu dépasse la performance sportive. Une bonne endurance cardiorespiratoire et une composition corporelle équilibrée pendant l'enfance et l'adolescence sont associées à un meilleur profil cardiovasculaire et à une réduction du risque de mortalité dès l'entrée dans l'âge adulte. Le même constat vaut pour la force musculaire.

L'Organisation mondiale de la Santé recommande aux jeunes une heure d'activité physique quotidienne en moyenne, d'intensité modérée à soutenue, incluant des exercices de renforcement musculaire et osseux au moins trois fois par semaine.

Selon les données citées par les auteurs, environ 75 % des jeunes Européens n'atteignent pas ce niveau. La sédentarité constitue à ce titre un facteur de morbidité reconnu, associé notamment au diabète de type 2, à la cardiopathie ischémique et à certains cancers, du sein et du côlon.

Ce que cette étude ne dit pas

Quelques précisions permettent d'en cerner la portée. Il s'agit d'une compilation de données issues d'études nombreuses et hétérogènes, réalisées sur six décennies dans une vingtaine de pays. Les protocoles de mesure, notamment pour la souplesse, ont évolué et varient d'une source à l'autre, ce qui invite à considérer les tendances plutôt que les valeurs absolues.

Ces travaux décrivent par ailleurs une évolution à l'échelle de populations, sans identifier les causes du phénomène. Ils ne permettent pas d'attribuer ce déclin à un facteur particulier.

Les auteurs en tirent une conclusion de politique publique : les dispositifs de promotion de l'activité physique auprès des jeunes mériteraient d'être renforcés.

Autres actualités