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8 septembre 2026

Les chirurgiens pensaient retirer une masse de l’intestin de cette femme : une créature vivante en a soudainement surgi

Une octogénaire hospitalisée pour une occlusion intestinale. Les chirurgiens extraient la masse obstruante, et un petit animal vivant en jaillit pour grimper sur les champs stériles. L'analyse...

Les chirurgiens pensaient retirer une masse de l’intestin de cette femme : une créature vivante en a soudainement surgi

Le cas, décrit dans BMJ Case reports, a été rapporté par une équipe médicale de Bologne, en Italie. Il illustre une cause rare d'occlusion du grêle, et un concours de circonstances qui a permis à un arthropode de survivre plusieurs heures dans un tube digestif humain.

Le tableau clinique

La patiente, âgée de 82 ans, est admise pour des douleurs abdominales qui s'aggravent depuis quatre jours. S'y ajoutent une constipation ainsi que des épisodes de nausées et de vomissements.

L'examen physique retrouve un abdomen distendu et sensible. Le bilan sanguin montre une élévation du taux de globules blancs, signe fréquent d'une réponse immunitaire à une infection.

La radiographie abdominale révèle des anses intestinales dilatées par du gaz ou du liquide, tandis que d'autres portions sont collabées. Le scanner abdominal identifie la cause : un objet solide bloque les anses du côté droit. Le diagnostic est posé, il s'agit d'une occlusion de l'intestin grêle.

Un diagnostic aux causes multiples

Ce type d'occlusion peut relever de plusieurs mécanismes. Une tumeur peut en être responsable. Un segment intestinal peut aussi se tordre sur lui-même, formant ce que les médecins appellent un volvulus. Une portion d'intestin peut encore s'engager dans une brèche de la paroi, constituant une hernie.

Les auteurs rappellent que ces occlusions résultent parfois de corps étrangers, d'objets avalés, de calculs biliaires ayant migré vers l'intestin, d'amas de parasites comme des ascaris ou des nématodes, ou encore de bézoards, ces agglomérats de matière non digérée qui se forment dans le tube digestif.

L'urgence est réelle. Une occlusion complète non traitée met en jeu le pronostic vital, notamment par strangulation, lorsque l'interruption de l'apport sanguin provoque la mort du tissu intestinal.

L'intervention et… la surprise

Les chirurgiens pratiquent une laparotomie, incision abdominale permettant d'accéder à l'intestin, localisent la masse et la retirent. L'objet mesure un peu plus de 5,5 centimètres. Il s'agit d'un phytobézoard, c'est-à-dire d'un bézoard composé de matière végétale.

C'est au moment de l'extraction que la scène prend un tour inhabituel. De la masse végétale jaillit ce que l'équipe identifie d'abord comme un petit insecte vivant, qui grimpe sur les champs opératoires stériles. Les auteurs ne précisent pas sa taille, seulement qu'elle était inférieure à celle du bézoard. L'animal est capturé et envoyé au laboratoire.

Le cloporte a probablement pu survivre grâce à la capsule de matière végétale compressée présente dans le tube digestif de la femme. © PonyWang, iStock

Ni un insecte ni un parasite

L'analyse écarte l'hypothèse initiale. Il ne s'agit pas d'un insecte mais d'un arthropode terrestre appartenant à l'ordre des isopodes. Ces animaux sont des crustacés, apparentés aux crabes et aux crevettes. Les isopodes terrestres se reconnaissent à leur corps aplati, à leur exosquelette rigide et segmenté et à leurs sept paires de pattes. En langage courant, on les appelle cloportes.

Le groupe compte plus de 11 000 espèces, dont environ la moitié vit en milieu marin. Certaines de ces espèces marines parasitent des poissons, comme ce cloporte qui dévore la langue de son hôte avant d'en prendre la place. Aucun isopode terrestre n'est en revanche connu pour parasiter l'humain, soulignent les médecins.

Comment il est arrivé là, et pourquoi il a survécu

Les cloportes se nourrissent de végétaux en décomposition. L'hypothèse retenue est donc simple : la patiente aurait avalé l'animal en même temps qu'une bouchée de fruits ou de légumes mal lavés. Il restait à expliquer sa survie.

Lorsqu'une personne ingère accidentellement un petit arthropode non venimeux, le système digestif le traite comme n'importe quelle protéine et le dissout par ses acides et ses enzymes.

Dans ce cas précis, la capsule de matière végétale compactée aurait fait écran. Le bézoard aurait ainsi protégé l'animal du milieu gastrique, le maintenant temporairement en vie à l'intérieur du corps.

Suites et rareté du cas

La patiente s'est remise de l'intervention. Elle a ensuite rejoint une maison de retraite, où elle résidait toujours lors d'une visite de suivi dix-huit mois plus tard. Sur le plan statistique, les corps étrangers, bézoards compris, représentent environ 25 % des occlusions du grêle. Chez les personnes de plus de 50 ans, la cause la plus fréquente reste le volvulus.

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