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10 octobre 2026

Ménopause : vos ovaires auraient encore un rôle inattendu, selon une étude

Les ovaires ne deviendraient pas inactifs après la ménopause. Chez la souris, une étude montre qu'ils perdent leur identité reproductive et prennent un profil proche de celui d'un organe ...

Ménopause : vos ovaires auraient encore un rôle inattendu, selon une étude

Les ovaires sont parmi les premiers organes à vieillir. Vers 50 ans en moyenne, la réserve d'ovocytes est épuisée, l'ovulation cesse et la production d'œstrogènes chute. L'organe est alors généralement considéré comme inerte, même s'il continue de produire de petites quantités d'hormones, notamment de la testostérone.

Des travaux menés à l'université Northwestern, à Chicago, remettent en cause cette image. L'équipe de Francesca Duncan, biologiste de la reproduction à la faculté de médecine Feinberg, a publié le 10 juin 2026 dans la revue Molecular Human Reproduction une étude sur la souris. Elle suggère que l'ovaire change de fonction après la période reproductive au lieu de simplement s'éteindre.

Trois âges de souris comparés

Les chercheurs ont prélevé les ovaires de souris âgées de 2 mois, de 18 mois et de 24 mois. Ces trois groupes correspondent à la pleine période reproductive, à sa fin, puis à la phase post-reproductive.

Chez la souris, cette dernière phase, parfois appelée oopause, survient vers l'âge de deux ans. Elle reste une approximation de la ménopause humaine : la souris n'a pas de règles et ne connaît pas la chute d'œstrogènes observée chez la femme.

Pour chaque animal, un ovaire a été examiné au microscope afin d'observer la structure du tissu et les cellules présentes. L'autre a fait l'objet d'un séquençage de l'ARN, qui indique quels gènes sont actifs dans le tissu.

Moins de follicules, plus de cellules immunitaires

Comme attendu, les ovaires des souris âgées comptaient beaucoup moins de follicules, les structures qui abritent les ovocytes. Le tissu devenait fibreux, avec une accumulation de collagène, et les marqueurs liés à la production d'ovocytes et d'hormones stéroïdes diminuaient.

Le résultat inattendu concerne les ovaires post-reproductifs. Ils avaient entièrement perdu leur identité cellulaire reproductive, et leur signature génétique était désormais dominée par des gènes du système immunitaire. Le tissu était infiltré de lymphocytes T, de macrophages et de cellules géantes multinucléées. L'équipe avait déjà décrit, dans des travaux antérieurs, ces grandes cellules comme une caractéristique du vieillissement ovarien.

Les ovaires âgés activaient aussi des gènes codant des protéines inflammatoires susceptibles d'être sécrétées. Ces molécules pourraient agir sur les tissus voisins ou, par la circulation sanguine, sur d'autres organes. Les auteurs y voient une influence possible de l'ovaire sur le vieillissement de l'ensemble de l'organisme, une hypothèse qui reste à démontrer.

Selon cette étude, les ovaires humains continueraient de travailler après la ménopause. © PonyWang, iStock

Réservoir ou acteur du système immunitaire

L'étude ne tranche pas une question centrale. Les chercheurs n'ont pas pu déterminer si l'ovaire âgé participe activement à la signalisation immunitaire ou s'il sert seulement de réservoir à des cellules immunitaires venues d'ailleurs.

Les résultats restent par ailleurs limités au modèle animal. Le vieillissement ovarien de la souris diffère de celui de la femme, en particulier sur le plan hormonal, et ces observations ne peuvent pas être transposées telles quelles à l'humain.

Des premiers indices chez la femme

L'équipe a également analysé, dans une étude distincte, les ovaires de 28 femmes ménopausées âgées de 50 à 75 ans, prélevés pour des raisons médicales. Les chercheurs ont mesuré près de 5 800 groupes de protéines et observé des différences entre les femmes d'une cinquantaine d'années et celles de 70 ans et plus. Ces différences touchent notamment l'inflammation, les voies immunitaires et le remaniement des tissus.

Ce travail n'a pas encore été évalué par des pairs. Il porte sur un petit effectif, et des ovaires retirés pour raison médicale ne sont pas forcément représentatifs de ceux de l'ensemble des femmes. Il montre que l'ovaire humain continue de se transformer après la ménopause, sans prouver qu'il endosse le même rôle immunitaire que chez la souris.

Une piste pour comprendre le vieillissement féminin

Après la ménopause, les femmes voient augmenter leur risque de maladies cardiovasculaires et d'ostéoporose, un phénomène attribué en grande partie à la baisse des œstrogènes. Francesca Duncan avance une hypothèse complémentaire : une inflammation chronique entretenue par l'ovaire post-ménopausique pourrait contribuer à expliquer pourquoi les femmes, qui vivent plus longtemps que les hommes, connaissent davantage de problèmes de santé en vieillissant.

Si elle se confirmait, cette nouvelle fonction concernerait aussi les femmes dont les ovaires ont été retirés. À ce stade, ces résultats préliminaires ne modifient pas les pratiques médicales. Le retrait des ovaires reste une décision évaluée au cas par cas avec l'équipe soignante.

Ces travaux s'inscrivent dans un effort plus large pour documenter une période longtemps négligée par la recherche, alors qu'elle couvre désormais plusieurs décennies de la vie des femmes.

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