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6 juin 2026

Patient bizarre : les médecins découvrent qu’il a reçu bien plus qu’un rein lors de sa greffe

Aux États-Unis, un homme est mort de la rage quelques semaines après avoir reçu une greffe de rein. Il s’avère que son donneur avait été contaminé par un animal, mais n’avait pas été diagnostiqué.

Patient bizarre : les médecins découvrent qu’il a reçu bien plus qu’un rein lors de sa greffe

En décembre 2024, un Américain a bénéficié d'une greffe de rein gauche. Quelques semaines plus tard, il a présenté des symptômes caractéristiques de la rage et est décédé quelques jours après. Son cas a été décrit dans un article publié sur le site Centers for Disease Control and Prevention (principale agence fédérale des États-Unis en matière de protection de la santé publique).

Une souche du virus habituellement présente chez la chauve-souris argentée

Environ cinq semaines après avoir reçu sa greffe de rein, le patient a présenté les symptômes suivants : tremblements, faiblesse dans les jambes, confusion et incontinence urinaire. Une semaine après l'apparition de ces symptômes, il a été hospitalisé car il avait de la fièvre, présentait une peur morbide de l'eau (hydrophobie) et une dysphagie (difficulté à avaler).

Lors de son séjour à l'hôpital, son état se dégrade rapidement. Il présente une atteinte respiratoire sévère qui nécessite la mise en place d'une ventilation mécanique invasive. Les médecins suspectent alors la rage. Des prélèvements sont réalisés pour confirmer le diagnostic.

L'homme décède une semaine après son hospitalisation. Les résultats des analyses des prélèvements confirment la présence de l'ARN du virus rabique. L'analyse génétique du virus retrouvé chez le patient greffé correspond à une souche du virus de la rage habituellement présent chez la chauve-souris argentée (Lasionycteris noctivagans).

Questionnée sur une possible contamination survenue après un contact avec un animal, la famille du receveur explique aux médecins que le patient n'avait pas été exposé à un animal susceptible de lui avoir transmis la maladie les jours précédant sa mort.

Le donneur avait été contaminé par une mouffette qui l'avait griffé jusqu'au sang. © Denny, Adobe Stock

Le donneur avait été griffé à sang par une mouffette

Les médecins pensent alors à une transmission via la greffe de rein. Ils décident d'interroger la famille du donneur, décédé d'un arrêt cardiaque. Ses proches révèlent une information qui ne figure pas dans le dossier du donneur. Fin octobre 2024, l'homme a été griffé jusqu'au sang par une mouffette alors qu'il essayait de la faire fuir. Mais il avait dit ne pas avoir été mordu. L'animal s'était approché de lui alors qu'il tenait un chaton dans ses bras. La scène s'était passée dans une zone rurale. Il faut savoir que la moufette fait partie des mammifères pouvant transmettre la rage aux hommes.

Début décembre 2024, il avait été hospitalisé à cause d'hallucinations, de troubles de la déglutition et de la marche et d'une confusion. Mais les médecins qui l'avaient pris en charge n'avaient pas suspecté la rage. Deux jours après l'apparition de ces symptômes, il a de nouveau été hospitalisé pour un arrêt cardiaque. Les médecins étaient parvenus à faire repartir son cœur, mais l'homme n'avait pas repris conscience. Il avait été déclaré en état de mort cérébrale cinq jours après son arrêt cardiaque. Le patient ayant donné son accord de son vivant pour donner ses organes après sa mort, ses deux reins, ses cornées, son cœur et ses poumons avaient été prélevés pour être greffés à quatre personnes différentes.

Au moment de sa mort, aucun lien n'avait été fait avec la rage, la cause officielle de son décès étant un arrêt cardiaque.

D'autres greffons du même donneur avaient été implantés chez trois autres personnes

La mort du patient receveur a poussé les médecins à réaliser des analyses sur des tissus de rein prélevés chez le donneur. Ces analyses ont révélé la présence du même ARN rabique retrouvé chez le patient receveur, le variant lié à la chauve-souris argentée. Cette correspondance a permis aux médecins de faire le lien entre la greffe de rein et la transmission de la rage au receveur. La mouffette avait été contaminée par une chauve-souris infectée et avait transmis le virus au donneur en le griffant.

Après cette découverte, les médecins ont immédiatement retiré les autres greffons du donneur greffés chez trois receveurs. La quatrième greffe prévue a pu être annulée à temps. Les trois receveurs à qui on a retiré les greffons ont reçu un traitement pour prévenir la transmission du virus de la rage (prophylaxie post-exposition). Un des greffons retirés contenait le virus rabique, mais heureusement aucun des trois receveurs n'a développé de symptômes.

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