Slip, boxer ou caleçon : une étude sur près de 27 000 hommes révèle un lien avec l’érection et la fertilité
Slip, boxer ou caleçon : et si ce n’était pas qu’une question de confort ? Une vaste étude suggère que la coupe de vos sous-vêtements pourrait aussi compter pour votre santé intime. Faut-il pour au...

On parle souvent du tabac, de l'alcool ou du stress lorsqu'il est question de fertilité et de troubles sexuels. Mais les sous-vêtements pourraient-ils aussi jouer un rôle ? Dans une étude publiée dans l’Asian Journal of Andrology, des chercheurs chinois ont étudié la question auprès de près de 27 000 hommes, en s'intéressant à la qualité de leur sperme, mais aussi aux troubles de l'érection et à l'éjaculation précoce.
Des sous-vêtements serrés associés à un sperme de moins bonne qualité
Dans l'étude menée au sein du premier hôpital affilié à l'Université des sciences et technologies de Chine, les hommes qui privilégiaient les modèles serrés présentaient des indicateurs biologiques moins favorables par rapport à ceux qui portaient des coupes amples, même après ajustement statistique :
- un volume de sperme réduit ;
- des spermatozoïdes moins mobiles ;
- une proportion plus faible de spermatozoïdes de forme normale ;
- une dégradation plus fréquente de leur ADN.
Une étude publiée en 2018 dans Human Reproduction, auprès de 656 hommes consultant dans un centre de fertilité, associait déjà le port de caleçons amples à une concentration et à un nombre total de spermatozoïdes plus élevés. Mais ces observations ne permettent pas de promettre davantage de grossesses en changeant de sous-vêtements.

Pourquoi quelques dixièmes de degré peuvent changer la donne
Pour comprendre le lien entre les sous-vêtements et la santé intime, il faut regarder du côté de l'anatomie. Si les testicules se situent à l'extérieur du corps dans le scrotum, ce n'est pas un hasard de la nature : la fabrique des spermatozoïdes exige un environnement thermique précis, idéalement situé autour de 34 °C, soit 2 à 3 degrés de moins que la température centrale de l'organisme (37 °C).
En enserrant les testicules et en les plaquant contre le reste du corps, les sous-vêtements moulants agissent comme une sorte « d'effet de serre » local. Et quelques dixièmes de degré supplémentaires peuvent suffire à altérer le bon déroulement de la spermatogenèse.
Érection et éjaculation : des différences entre les deux groupes
L'équipe médicale s'est également intéressée à la vie sexuelle des participants à travers des outils de mesure standardisés.
Parmi les hommes portant des modèles ajustés, 62,7 % signalaient des troubles de l'érection (contre 57,8 % dans le groupe « amples »), et 30,8 % rapportaient une éjaculation précoce (contre 23,2 %).
Comment expliquer cet écart ? Les chercheurs avancent l'hypothèse d'une perturbation locale de la production de testostérone, l'hormone clé du désir et de la fonction sexuelle, même si cette piste hormonale reste encore à consolider.
Faut-il pour autant vider son tiroir à sous-vêtements ?
Faut-il abandonner vos slips ou vos boxers préférés ? Pour les auteurs, choisir des sous-vêtements amples « pourrait constituer une approche simple et modifiable pour contribuer à protéger la qualité du sperme et la fonction sexuelle ». Mais leur étude ne permet pas de promettre qu'un changement de tenue améliorera vos érections ou vos chances d'avoir un enfant.
Néanmoins, privilégier une coupe moins serrée peut être une précaution facile à adopter. Si des difficultés d’érection ou de fertilité persistent, parlez-en à votre médecin : des facteurs de santé ou de mode de vie peuvent nécessiter une prise en charge adaptée.

