Un « mini-foie » injecté avec une seringue : le MIT explore une alternative spectaculaire à la transplantation !
Le foie, organe aux 500 fonctions vitales, pourrait bientôt bénéficier d’une thérapie injectable pour pallier le manque de donneurs. Des chercheurs américains ont mis au point des « mini-foies » ca...

Cirrhose, carcinome hépato-cellulaire, insuffisance hépatique aiguë... La prise en charge de ces pathologies peut passer par une transplantation hépatique. Pour pallier le manque de donneurs par rapport aux patients en attente d'un foie, des ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT, États-Unis) travaillent sur une alternative : des « mini-foies » injectables, capables d'assurer certaines fonctions essentielles d'un foie endommagé.
Le foie remplit environ 500 fonctions vitales : il régule la coagulation, élimine des bactéries du sang, métabolise les médicaments, etc. La plupart de ces tâches sont assurées par des cellules spécialisées, les hépatocytes.
Depuis plus de dix ans, l'équipe de Sangeeta Bhatia, professeure au MIT et membre du Koch Institute for Integrative Cancer Research du MIT, cherche à restaurer l'activité des hépatocytes mais sans recourir à une greffe chirurgicale.
Comment fonctionne ce « mini-foie » injectable ?
Les chercheurs ont imaginé d'injecter des cellules accompagnées de microsphères d'hydrogel qui les maintiendraient groupées. Gros avantage : lorsqu'elles sont très compactes, ces sphères se comportent comme un liquide. Il est donc possible de les injecter avec une seringue. Une fois à l'intérieur du corps, le matériau retrouve sa structure solide.
Des chercheurs du MIT ont mis au point des « mini-foies » injectables conçus pour suppléer temporairement les fonctions hépatiques essentielles. © MIT
Des résultats encourageants chez la souris
Dans les expériences menées chez la souris, les « mini-foies » ont été injectés dans un tissu adipeux de l'abdomen. Les cellules se sont agrégées, puis des vaisseaux sanguins ont progressivement « poussé » à l'intérieur du greffon, lui apportant nutriments et oxygène.
Pendant toute la durée (huit semaines) de l'étude, publiée dans Cell Biomaterials, les hépatocytes transplantés sont restés vivants et ont continué à libérer dans la circulation des protéines et des enzymes, comme le ferait un foie sain. Selon les auteurs, cette durabilité laisse entrevoir une possibilité de traitement à plus long terme pour certaines maladies hépatiques.
Un point important : ces greffons n'ont pas besoin d'être placés à proximité immédiate du foie. Tant qu'ils disposent d'un espace suffisant et d'un bon apport sanguin, les hépatocytes transplantés peuvent exercer des fonctions similaires à celles des cellules situées dans le foie lui-même.
« Nous considérons cette technologie comme une alternative à la chirurgie, mais aussi comme un traitement transitoire en attendant une transplantation, les greffons assurant un soutien jusqu'à ce qu'un organe soit disponible, concluent les auteurs. Et si nous estimons qu'un autre traitement ou d'autres greffons pourraient s'avérer nécessaires, cette technologie injectable présente beaucoup moins d'obstacles qu'une nouvelle intervention chirurgicale ».

