Un vote historique à l'Assemblée sur le cadmium, mais la bataille est loin d'être gagnée
Près d'un Français sur deux présenterait une exposition au cadmium supérieure aux valeurs sanitaires de référence. Dans ce contexte, le débat ne porte plus sur la réalité du problème, mais sur...

Le cadmium, un métal lourd classé cancérogène et toxique pour la reproduction, s'invite une nouvelle fois au cœur du débat public. Alors que les autorités sanitaires alertent depuis plusieurs années sur l'exposition élevée des Français, les députés ont adopté un texte visant à réduire sa présence dans les engrais agricoles. Une avancée saluée par les défenseurs de la santé environnementale, mais dont l'avenir reste incertain.
L'Assemblée vote un durcissement des règles
Ce mercredi 3 juin 2026, l'Assemblée nationale a adopté une proposition de loi prévoyant un abaissement progressif de la teneur maximale en cadmium dans les engrais phosphatés : 40 mg/kg de phosphate dès 2027, puis 20 mg/kg en 2030. Ces seuils correspondent aux recommandations de l'Anses. Ce métal lourd s'accumule dans les sols via certains engrais phosphatés avant de contaminer les cultures, et enfin l'alimentation.
Le gouvernement s'est toutefois opposé au texte. Il estime que ce calendrier est trop contraignant pour la filière agricole et défend une réduction plus progressive, avec un objectif de 20 mg/kg repoussé à 2038.
« C'est extrêmement satisfaisant que de réussir à porter un texte de loi depuis presque six mois maintenant et de le voir aboutir aussi vite, malgré l'adversité. » a souligné Benoît Biteau, député et rapporteur de la proposition de loi.
Une exposition qui inquiète les autorités sanitaires
Cette décision intervient alors que l'exposition des Français au cadmium inquiète les autorités sanitaires. Selon l'étude Esteban de Santé publique France, près de la moitié de la population française présente des niveaux dépassant les valeurs sanitaires de référence. Une étude de biosurveillance citée au Sénat indique notamment que 48 % des adultes dépassent le seuil critique.
Le saviez-vous ?
Le chocolat fait partie des aliments les plus surveillés pour le cadmium en Europe. Les cacaoyers peuvent absorber naturellement ce métal lourd présent dans les sols, au point que l'Union européenne a fixé des teneurs maximales spécifiques : jusqu'à 0,80 mg de cadmium par kilogramme pour certains chocolats noirs riches en cacao.
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat, dont l'agenda est particulièrement chargé. Par ailleurs, le gouvernement défend une trajectoire beaucoup plus lente, avec un objectif de 20 mg/kg seulement à l'horizon 2038.
Pour les défenseurs du texte, ce vote constitue donc une étape importante, mais certainement pas la fin du dossier. La bataille autour de ce polluant controversé ne fait que commencer.

