Une nouvelle méthode pour améliorer la précision de la stimulation cérébrale des patients atteints de Parkinson
Lorsque les médicaments ne suffisent plus, la stimulation cérébrale profonde peut fortement améliorer les symptômes moteurs de certains patients atteints de la maladie de Parkinson. Mais cette chir...

En France, plus de 270 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson et ce nombre pourrait doubler d'ici 2050. Pour certaines d'entre elles, la stimulation cérébrale profonde (SCP) peut réduire drastiquement les tremblements et les dyskinésies qui handicapent leur quotidien. Elle consiste à implanter des électrodes dans des régions profondes du cerveau, le noyau sous-thalamique ou le globus pallidus, selon les cas. Mais l'une des difficultés majeures est de déterminer la cible la plus pertinente pour obtenir l'effet thérapeutique recherché tout en limitant la stimulation de tissus voisins susceptibles de provoquer des effets indésirables.
Quelques millimètres peuvent changer le résultat
Le cerveau humain présente en effet des variations anatomiques individuelles. Heureusement, le développement de l'IRM à haut champ, de la tractographie et de nouvelles techniques de visualisation permettent de mieux observer les structures et les réseaux impliqués, et donc de savoir où poser les électrodes pour une SRC. Mais un écart de quelques millimètres peut fortement influencer le résultat.
Selon le Pr Jean Régis, chef du service de neurochirurgie fonctionnelle de la Timone à Marseille et président du congrès WSSFN 2026, « ce que nous devons localiser avec précision n'est pas une structure, mais le "sweet spot" clinique offrant le meilleur compromis entre sécurité et efficacité ».
Entraîner une IA sur des patients déjà opérés avec succès
Une start-up française, Rebrain, s'appuie pour cela sur des données d'imagerie et sur des données cliniques issues de patients précédemment opérés. À partir de repères anatomiques identifiés sur l'IRM, des modèles mathématiques supervisés analysent la variabilité entre les patients et proposent une zone d'intérêt susceptible d'aider le chirurgien à mieux déterminer la cible.
Créée en 2021, Rebrain est l'aboutissement d'une décennie de travaux menés au CHU de Bordeaux et avec l'Inria sur cette stratégie de ciblage qui est aujourd'hui évaluée dans l'essai clinique PARKEO 2. Multicentrique et randomisé, il porte sur 128 patients atteints de la maladie de Parkinson. Il compare une stratégie de ciblage utilisant cette approche à la stratégie habituellement employée dans les centres participants pour la stimulation cérébrale profonde.
Une innovation qui pourrait dépasser Parkinson
L'étude évalue, à un an, l'efficacité de la stratégie de ciblage, sa précision, sa sécurité, mais aussi ses impacts pour les patients, les équipes chirurgicales et le système de santé. Les résultats seront dévoilés le 1er octobre, lors d'un symposium au congrès WSSFN 2026 à Marseille, avant une publication scientifique.
Des résultats qui pourraient permettre le déploiement de la technologie et son extension à d'autres indications de neurochirurgie fonctionnelle, notamment le tremblement essentiel. Rebrain indique aussi développer de nouveaux modèles pour le ciblage du globus pallidus internus, notamment dans la dystonie.

