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28 août 2026

Une vaste étude révèle que ceux qui dorment ce nombre d’heures chaque jour vieillissent moins vite que les autres

Et si vos nuits en disaient long sur l’âge réel de votre organisme ? Une vaste étude menée auprès de près de 500 000 personnes révèle un lien frappant entre la durée du sommeil et le vieillissement...

Une vaste étude révèle que ceux qui dorment ce nombre d’heures chaque jour vieillissent moins vite que les autres

Vous le savez, votre date de naissance n'est pas le seul déterminant de votre santé. Au même âge, deux personnes peuvent être à des stades de vieillissement différents. Pour connaitre l'état d'usure réel des cellules et des organes, c'est-à-dire le vieillissement biologique, les scientifiques se basent généralement sur l'horloge biologique.

Celle-ci est déterminée sur la base de multiples données issues d'analyses de sang (dosage des protéines, des métabolites, des hormones, mesure de la longueur des télomères...), d'imageries médicales (IRM, scanners...), de tests cognitifs et fonctionnels (mémoire, fonctions exécutives, vitesse de marche, équilibre...), etc., qui sont compilées en utilisant le machine learning. L'horloge biologique permet ainsi de mieux prédire l'espérance de vie en bonne santé.

En général, l'horloge biologique fournit une mesure unique pour l'ensemble du corps. Pourtant, différents organes peuvent vieillir à des vitesses différentes. C'est le cas par exemple de la fonction ovarienne : elle contribue à l'horloge biologique associée à la fertilité féminine, mais son vieillissement ne se fait pas au même rythme que celle de l'immunité, du foie ou du cerveau.

Une équipe de chercheurs américains menée par Junhao Wen, professeur de radiologie au Vagelos College of Physicians and Surgeons de l'Université Columbia aux États-Unis, travaille depuis plusieurs années au développement d'horloges biologiques du vieillissement axées sur des organes spécifiques. L'objectif est de fournir des informations plus détaillées et potentiellement plus personnalisées sur la santé d'une personne.

Les scientifiques ont cherché à mieux connaitre les liens entre durée du sommeil et vieillissement des organes.© dragonflypor9, Adobe Stock (image générée à l’aide de l’IA)

Comment le sommeil est associé au vieillissement des organes ?

« Ces horloges biologiques du vieillissement et leur capacité à prédire les risques de maladie et de mortalité suscitent un vif intérêt, explique Junhao Wen. Mais pour moi, la question la plus passionnante est la suivante : pouvons-nous relier ces horloges biologiques à un facteur lié au mode de vie, modifiable à temps pour ralentir le vieillissement ? ».

Parce qu'il souffrait lui-même d'une tendance à peu dormir dont les conséquences potentielles sur sa santé l'inquiétaient, qu'il a décidé d'étudier le facteur sommeil. Avec son équipe, il a compilé les données d'environ 500 000 personnes faisant partie de l'UK Biobank afin de déterminer la signature biologique de 23 horloges biologiques couvrant 17 organes ou systèmes d'organe (foie, rein, immunité, vaisseaux, cœur, poumons, sang, cerveau, etc.). Les chercheurs ont ensuite comparé la durée de sommeil de chaque participant aux estimations des âges biologiques de ses différents organes.

Ni trop ni pas assez

Publiés dans la prestigieuse revue Nature, les résultats révèlent que les personnes qui disent dormir peu (moins de 6 heures par nuit) et celles qui affirment dormir beaucoup (plus de 8 heures) tendent à présenter un vieillissement biologique plus important que les autres. Une véritable courbe en U ! Celles qui en revanche dorment entre 6,4 et 7,8 heures par jour sont celles dont les niveaux de vieillissement sont les plus faibles.

« Ce lien global entre le cerveau et le corps est important, car il nous indique que la durée du sommeil est profondément ancrée dans notre physiologie, avec des répercussions considérables sur l'ensemble de l'organisme », commente Junhao Wen.

Notez bien que ces résultats ne démontrent pas que la durée de sommeil à elle seule accélère ou ralentit le vieillissement des organes, mais plutôt qu'un manque ou un excès de sommeil pourraient être le signe d'une santé globalement plus fragile.

Un lien très net avec les maladies

Selon les chercheurs, ceux qui dormaient moins avaient en effet plus de risque d'épisode dépressif et de troubles anxieux, mais également plus d'obésité, de diabète de type 2, d'hypertension et de maladies cardiaques (cardiopathies ischémiques, arythmies).

Et autant ceux qui dormaient trop que ceux qui ne dormaient pas assez avaient plus de risque de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) d'asthme et de troubles digestifs (gastrite, brûlures d’estomac).

« Les troubles du sommeil sont associés à des risques de maladies et à une architecture génétique commune : une durée de sommeil courte semble avoir un impact systémique plus étendu, tandis qu'une durée longue s'accompagne d'une charge pathologique plus localisée, davantage concentrée sur le cerveau », commente le chercheur dans un post publié sur X.

???? ???? ???? ???? ????️ ???? ????Today marks a meaningful milestone for LABS — our SleepChart paper, “Sleep chart of biological ageing clocks in middle and late life,” is now online in @Nature.In this work, we link sleep patterns with biological aging clocks across the brain and body,…— Junhao (Hao) Wen (@JunhaoWen) May 13, 2026

Sommeil et dépression : deux voies distinctes ?

Les résultats montrent par exemple que la relation entre une durée longue de sommeil et dépression de la personne âgée soit médiatisée par les horloges du vieillissement cérébral et du tissu adipeux, alors qu'une durée de sommeil courte semble exercer un effet plus direct sur les zones du cerveau impliquées dans la dépression.

« Cela a des implications majeures pour la prise en charge du sommeil et les futures approches thérapeutiques » de la dépression chez les personnes âgées, déclare Junhao Wen. Notre étude suggère qu'il existe peut-être des voies biologiques distinctes - selon que l'on dort peu ou beaucoup - menant à une même issue, la dépression chez les personnes âgées ; par conséquent, nous ne devrions pas les traiter de la même manière. »

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