Vieillir en bonne santé : voici la vitamine que des chercheurs américains identifient comme une clé selon une étude
On la croyait cantonnée aux globules rouges et aux nerfs. La vitamine B12 jouerait en réalité un rôle bien plus profond dans la façon dont notre corps produit de l'énergie et entretient ses mu...

La vitamine B12 est habituellement associée à la santé des globules rouges et des nerfs. Mais de nouveaux travaux de l'université Cornell suggèrent que son influence s'étend bien plus loin, jusqu'au cœur même de la production d'énergie cellulaire et du maintien de la masse musculaire. Publiée dans le Journal of Nutrition, l'étude met au jour des mécanismes jusqu'ici insoupçonnés et identifie des signaux d'alerte précoces, capables de détecter une tension nutritionnelle bien avant l'apparition des symptômes classiques de carence.
Une vision renouvelée du métabolisme
Pour la première fois, une étude montre qu'une carence en B12 affecte la production d'énergie des mitochondries dans les muscles squelettiques, souligne Martha Field, professeure associée à la division des sciences nutritionnelles de Cornell et autrice principale. L'enjeu est de taille, les muscles ayant d'importants besoins énergétiques. Sa co-autrice, Anna Thalacker-Mercer, de l'université d'Alabama à Birmingham, s'est demandé si une supplémentation en B12 chez des souris âgées améliorerait la fonction mitochondriale musculaire. Et ce fut le cas.
Jusqu'ici, la recherche s'était surtout concentrée sur les conséquences visibles de la carence, comme l'anémie mégaloblastique, la neuropathie ou le déclin cognitif, plutôt que sur les mécanismes biologiques sous-jacents. L'équipe de Cornell a cartographié les interactions de la B12 avec le métabolisme des lipides, les voies de stress des organites et la régulation épigénétique.
Les résultats indiquent que la vitamine joue un rôle régulateur central à travers de multiples systèmes interconnectés, si bien qu'une carence même modeste pourrait avoir des effets étendus. Chez la souris, une carence semblait par ailleurs freiner la croissance ou le maintien de la masse musculaire, un faible taux de B12 étant associé à une masse, et peut-être à une force, moindres.

Une carence discrète aux risques larges
La carence en B12 reste répandue dans le monde, en particulier chez les personnes âgées et dans les populations ayant un accès limité aux aliments d'origine animale, principales sources de la vitamine. Selon les estimations, environ un adulte âgé sur quatre dans les pays développés présenterait des taux insuffisants, ce qui souligne le besoin de mieux détecter et corriger ce déficit.
Ces conclusions rejoignent un ensemble croissant de travaux montrant qu'un apport insuffisant en micronutriments, même sans carence avérée, peut contribuer aux maladies chroniques. Si la carence sévère demeure relativement rare dans de nombreuses régions développées, des taux marginaux s'observent fréquemment chez les personnes âgées, les végétaliens, les végétariens et les personnes souffrant de troubles de l'absorption. L'étude suggère que même ces niveaux abaissés pourraient réduire la capacité du corps à faire face au stress métabolique, aux défis immunitaires et aux effets du vieillissement.
Vers une nutrition de précision
Sur le plan clinique, les chercheurs estiment que des biomarqueurs liés à la B12 pourraient soutenir des approches plus personnalisées. Plutôt que des recommandations uniformes, les futures directives pourraient s'adapter aux besoins métaboliques et au mode de vie de chacun, dans un mouvement plus large vers une nutrition de précision.
Ces résultats reposent toutefois sur des modèles cellulaires et animaux, et devront être validés chez l'humain. L'objectif est de comprendre toute la chaîne causale, les molécules et les mécanismes, explique Martha Field, qui y voit le terrain préparatoire à un futur essai clinique contrôlé.

