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24 juillet 2026

Voici la fascinante piste contre l'hypertension difficile à contrôler explorée par des chercheurs selon une étude prometteuse

Une hypertension qui résiste aux traitements, des reins qui s'abîment : ce cercle vicieux menace des millions de patients. Un médicament expérimental vient de faire baisser la tension et un ma...

Voici la fascinante piste contre l'hypertension difficile à contrôler explorée par des chercheurs selon une étude prometteuse

Le baxdrostat, une pilule à l'étude conçue pour bloquer la production d'une hormone appelée aldostérone, a livré des résultats encourageants chez des personnes confrontées à une association redoutable : une maladie rénale chronique et une hypertension non contrôlée.

Lors d'un essai clinique de phase 2 publié dans le Journal of the American Society of Nephrology, l'ajout de ce médicament au traitement standard a abaissé la pression systolique davantage qu'un placebo et fortement réduit un marqueur urinaire lié au risque rénal et cardiovasculaire. Précision essentielle : ce médicament n'est approuvé pour aucun usage par les autorités sanitaires américaines.

Un cercle vicieux entre tension et reins

L'enjeu est de taille, car maladie rénale chronique et hypertension s'alimentent mutuellement. Quand la tension reste élevée, les lésions rénales s'aggravent. Et à mesure que la fonction rénale décline, la tension grimpe encore. Avec le temps, ce cycle accroît le risque d'infarctus, d'accident vasculaire cérébral, d'insuffisance cardiaque et de défaillance rénale.

Ces résultats sont encourageants pour les personnes vivant avec ces deux affections, qui vont souvent de pair et créent un cycle dangereux, souligne le docteur Jamie Dwyer, professeur de médecine à l'université de l'Utah et auteur principal de l'étude. L'hypertension peut détériorer la fonction rénale, et le déclin rénal peut à son tour élever la tension, avec des conséquences qui bouleversent la vie des patients.

L'aldostérone, hormone en cause

Produite par les glandes surrénales, l'aldostérone aide l'organisme à réguler le sel et l'eau. Lorsque ses niveaux sont trop élevés ou mal contrôlés, elle pousse le corps à retenir le sodium, ce qui entraîne une rétention d'eau et une hausse de la tension.

Ses effets ne s'arrêtent pas là. Un excès d'aldostérone peut aussi endommager les vaisseaux sanguins, contribuer à l'épaississement et à la rigidification du système cardiovasculaire, et favoriser la fibrose des reins. D'où l'idée d'abaisser directement sa production chez les patients dont la tension résiste aux médicaments habituels. Le baxdrostat appartient à une classe de médicaments appelés inhibiteurs de l'aldostérone synthase, testés contre l'hypertension, la maladie rénale chronique et l'insuffisance cardiaque.

Le baxdrostat, en développement, réduirait l’hypertension résistante et protègerait les reins avec peu d’effets secondaires, offrant un espoir pour les patients atteints de maladie rénale chronique et d’hypertension sévère, souvent exclus des essais cliniques. © fcafotodigital, iStock

Ce que montre l'essai

L'étude a porté sur 195 personnes, dont 192 ont été réparties au hasard entre une faible dose de baxdrostat, une dose élevée ou un placebo, en complément des soins standard. Toutes présentaient une maladie rénale suffisamment sérieuse pour risquer une défaillance rénale ou une greffe au cours de leur vie, et une tension restant élevée malgré un traitement de référence.

Au départ, leur pression systolique moyenne atteignait 151 mmHg, et les analyses montraient des signes nets d'atteinte rénale. Après 26 semaines, les participants sous baxdrostat affichaient une baisse de pression systolique supérieure de 8,1 mmHg à celle du groupe placebo, soit une réduction d'environ 5 %. Une analyse exploratoire a par ailleurs révélé des niveaux d'albumine urinaire inférieurs de 55 % à ceux du placebo, une réduction comparable à celle observée avec des médicaments connus pour ralentir la progression de la maladie rénale.

Cette baisse de l'albumine urinaire nous donne l'espoir que le baxdrostat puisse aussi aider à retarder les lésions rénales, avance le docteur Dwyer, précisant que ce potentiel est désormais testé dans deux vastes essais de phase 3.

Des effets indésirables à ne pas négliger

Les données de sécurité appellent toutefois à la vigilance. Une élévation du potassium dans le sang s'est révélée bien plus fréquente sous baxdrostat, un risque connu des médicaments agissant sur ce système hormonal. Elle a concerné 41 % des participants traités, contre 5 % sous placebo, la plupart des cas étant décrits comme légers à modérés.

Le bilan global reste rassurant sur d'autres points : aucun décès ni événement indésirable inattendu n'est survenu durant l'essai. Des effets indésirables graves ont été rapportés chez 9 % des participants sous baxdrostat, contre 3 % sous placebo.

Une population longtemps oubliée des études

Pour la docteure Jordana Cohen, de l'université de Pennsylvanie, qui n'a pas participé à l'étude, ces résultats sont notables car les personnes atteintes de maladie rénale chronique ont souvent été exclues des essais de médicaments, alors même qu'elles cumulent des taux élevés d'hypertension.

Ces nouvelles données sont rassurantes quant au fait que cette nouvelle classe d'antihypertenseurs aura probablement des bénéfices à la fois rénaux et cardiovasculaires, et qu'elle sera sûre et efficace pour de larges populations, estime-t-elle. Selon la spécialiste, il est particulièrement encourageant que ces patients aient été représentés dans leur propre étude, aient bien toléré le médicament et aient tiré des bénéfices sur la tension comme sur l'albuminurie.

Des essais de plus grande ampleur en cours

Depuis ces résultats centrés sur les reins, d'autres données ont renforcé le développement du médicament. Dans un essai de phase 3 publié dans le New England Journal of Medicine, le baxdrostat a significativement abaissé la pression systolique chez des personnes souffrant d'hypertension non contrôlée ou résistante. Un autre essai a montré une baisse de la pression systolique sur 24 heures par rapport au placebo chez des patients à l'hypertension résistante.

Pour la maladie rénale chronique, le baxdrostat est désormais évalué en association avec un autre médicament dans de grandes études de phase 3, dont l'une cherche à savoir si cette combinaison peut réduire le risque d'événements rénaux et cardiovasculaires majeurs. Ces essais ne prouvent pas encore que le médicament prévient la défaillance rénale, mais ils montrent que la question soulevée par la phase 2 est prise au sérieux.

L'étude a été financée par le laboratoire AstraZeneca qui développe le baxdrostat.

Ce sujet aborde un médicament expérimental, non approuvé et non disponible en pharmacie. Cet article ne constitue pas un conseil médical : en cas d'hypertension ou de maladie rénale, seul un médecin peut évaluer votre situation et adapter votre traitement. Il ne faut jamais modifier ou interrompre un traitement en cours sans avis médical.

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